Un tristement célèbre pédophile condamné en 2005 à 15 ans de pénitencier pour ses gestes sordides à l’endroit de sa fille de 4 ans n’a pu s’empêcher de récidiver une fois libéré. L’ex-dirigeant d’un réseau international de pédophiles sur l’internet est à nouveau accusé d’avoir distribué de la pornographie juvénile.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Le Lavallois de 46 ans, « M. X », fait face à trois chefs d’accusation pour avoir accédé, possédé et distribué de la pornographie juvénile entre mai et août 2019 à Montréal, selon un mandat d’arrêt rendu public cette semaine. Nous ne pouvons le nommer pour protéger l’identité de sa fille.

M. X a obtenu sa libération d’office en décembre 2015 après avoir purgé les deux tiers de sa peine. Son risque de récidive était pourtant considéré comme « élevé » à moyen terme. Le prédateur sexuel est toutefois retourné derrière les barreaux pour une raison inconnue l’automne dernier, lorsque sa libération a été suspendue par la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC).

Le procès et les longues procédures d’appel du pédophile avaient fait grand bruit dans les années 2000. L’agresseur s’était livré pendant des mois à d’ignobles sévices sexuels envers sa fille de 4 ans et une voisine. Le père de quatre jeunes enfants utilisait sa propre fille comme un véritable objet sexuel dans leur « chambre d’amour ». Il la « prêtait » ensuite aux griffes d’un complice.

Dans un témoignage rempli de candeur, la fillette avait confié à un enquêteur avoir été agressée, alors qu’elle portait un déguisement de princesse. « Papa prend des grosses photos de moi. C’est top secret. […] Il touche sa bedaine avec son zizi. Tup, tup, tup, ça va tout dans mon corps », avait-elle déclaré, un peu comme si ces gestes ignobles « faisaient partie de son mode de vie », avait relevé la juge Dominique Wilhelmy

Père de quatre jeunes enfants, M. X détenait des centaines de vidéos et des milliers de photos d’enfants. Tête dirigeante d’un réseau de pédophilie sur l’internet, il partageait ensuite ses immondices partout dans le monde. Il se vantait d’avoir agressé des dizaines d’enfants. 

Théâtre de l’horreur, son procès avait levé le voile sur la cruauté sans limites des pédophiles sur le web. Une quantité phénoménale de photos, toutes plus sordides les unes que les autres, circulaient sur ce réseau.

En plus d’être condamné à la peine maximale de 15 ans de pénitencier, M. X avait été déclaré délinquant à contrôler pour la période maximale de 10 ans à l’expiration de sa peine cette année, soit jusqu’en 2030. Sa peine avait été réduite en appel, mais la Cour suprême l’avait finalement maintenue.

Libre en attente de son procès, il avait enfreint ses conditions de remise en liberté en faisant des attouchements sexuels à l’endroit d’une voisine de 5 ans. Devant la Commission des libérations conditionnelles du Canada, il a « avoué avoir agressé sexuellement une fillette de 7 ans sans avoir été condamné pour ce délit », indique la plus récente décision de 2018.

Pendant sa libération d’office, le délinquant sexuel n’a pas respecté ses conditions en utilisant un ordinateur. Il n’a toutefois pas été sanctionné puisque l’appareil n’était pas branché sur l’internet. Les commissaires ont toutefois relevé que le pédophile tentait « par tous les moyens de contourner les règles afin qu’elles soient à [son] avantage ».

L’accusé n’a pas encore comparu pour son nouveau dossier.