Condamné à la prison à vie en 2018 pour le meurtre de sa copine de 17 ans, Jonathan Mahautière renonce à réclamer un troisième procès. Une décision « mûrement réfléchie », selon son avocate. Le jeune meurtrier avait étranglé à mort Gabrielle Dufresne-Élie dans un motel le soir de leur rupture en 2014.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Il n’a pas l’intention de continuer les procédures l’appel. Il trouve difficile la tenue d’un troisième procès. Il a trouvé le dernier procès très éprouvant, par rapport à la famille », a expliqué à La Presse son avocate Me Marie-Hélène Giroux.

Reconnu coupable de meurtre au second degré au terme de son second procès devant jury, l’homme de 23 ans a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 11 ans en décembre 2018. Son crime, commis dans un contexte conjugal, avait bouleversé la juge Sophie Bourque lors de l’imposition de la peine.

« Aucune femme, aucun homme ne doivent craindre pour leur vie lorsqu’ils décident de mettre fin à une relation amoureuse. […] Malheureusement, surtout pour les femmes, c’est trop souvent le cas. Cette peur ne devrait pas exister, qui brime les femmes dans leur droit le plus fondamental de vivre leur vie comme elles le désirent, sans craindre de la perdre. »

PHOTO FACEBOOK TIRÉE DU COMPTE DE GABRIELLE DUFRESNE-ELIE

Gabrielle Dufresne-Élie

Jonathan Mahautière n’a pas accepté que Gabrielle Dufresne-Élie mette fin à leur relation en juin 2014. Deux jours avant le meurtre, il lui déclarait frénétiquement son amour sur Facebook et insistait pour poursuivre la relation, malgré ses refus. Pendant une séance de thérapie de couple exigée par Mahautière, l’adolescente avait à nouveau été claire sur la fin de leur relation.

Or, le soir fatidique, dans une chambre de motel de l’est de Montréal, Jonathan Mahautière a étranglé l’adolescente. Il a ensuite appelé le 911, mais sans parler de l’état de santé de la victime pendant une demi-heure. Il s’inquiétait alors bien davantage de la médiatisation de son crime et la confidentialité de son appel.

Jonathan Mahautière mettait la faute sur son trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) avec « impulsivité marquée, sévère et non médicamentée » et son trouble de l’adaptation avec humeur anxieuse et dépressive pour expliquer son geste « impulsif, irréfléchi et involontaire ».

Ses défenses pour « automatisme avec trouble mental » et « responsabilité diminuée » ont été complètement rejetées par le jury.