Solange Crevier, une experte en fraude accusée d’avoir travaillé au siège social de Desjardins sous une fausse identité et d’avoir fraudé le ministère de la Culture, pourrait bientôt écoper de six mois de prison pour avoir fraudé VIA Rail et un consultant pour quelques dizaines de milliers de dollars, alors qu’elle occupait un poste de direction.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

C’est grâce à un faux acte de naissance que la femme de 56 ans a décroché son poste de directrice en architecture et technologies de l’information à la société fédérale en novembre 2012. La fraudeuse a ainsi réussi à cacher qu’elle avait été condamnée à 12 mois de prison avec sursis en 2007, indique le précis des faits déposé en cour lors de sa reconnaissance de culpabilité, l’automne dernier.

Pendant un an, Solange Crevier a été responsable des embauches de consultants. C’est donc elle qui approuvait les feuilles de temps de ces derniers. Or, elle était elle-même « liée » à Conseil Plus, un sous-traitant en consultation de VIA Rail, et ce, à l’insu de son employeur. Son « lien » précis n’est toutefois pas précisé dans les documents de cour.

PHOTO TIRÉE DU SITE DU SOLEIL

Solange Crevier

Solange Crevier a utilisé des poupées russes de sous-traitants pour surfacturer VIA Rail, ni vu ni connu. Comme directrice, elle a autorisé l’embauche d’un consultant, rencontré lors d’une entrevue d’embauche. Ce consultant – la victime Steven Rousseau – a ensuite facturé des centaines d’heures de travail à Conseil Plus, laquelle facturait l’entreprise Cofomo, laquelle était finalement payée par VIA Rail.

Alors que Conseil Plus encaissait les chèques pour le travail de M. Rousseau, l’entreprise à laquelle était liée Solange Crevier ne lui a jamais payé près de 40 000 $. De plus, Conseil Plus facturait des heures non travaillées par le consultant. VIA Rail a ainsi déboursé environ 10 000 $ en surfacturation frauduleuse. Notons que M. Rousseau ignorait le lien entre Solange Crevier et Conseil Plus.

Imposition de la peine repoussée

La fraudeuse récidiviste a plaidé coupable en octobre dernier à deux chefs d’accusation de fraude et d’emploi d’un document contrefait. Les avocats s’étaient alors entendus pour suggérer une peine de six mois de prison, suivie d’une probation d’un an et de 240 heures de travaux communautaires. Vendredi dernier, elle s’est ainsi amenée au palais de justice de Montréal avec un imposant sac noir, prête à se faire passer les menottes.

Or, la juge Julie Riendeau a accepté de repousser l’imposition de la peine, puisque l’avocat de la défense, Me Pierre Poupart, venait d’apprendre que sa cliente souffrait d’une rare maladie génétique qui peut provoquer l’aveuglement. Ainsi, pour permettre à Mme Crevier d’avoir accès à ses médicaments en prison, la juge a permis de reporter la cause en mars.

Solange Crevier n’est toutefois pas au bout de ses peines. Elle doit avoir son procès pour fraude dans les prochains mois à Québec pour avoir travaillé comme consultante en informatique sous une fausse identité au siège social de Desjardins à Lévis.

C’est sous le nom de Johanne Richer que la fraudeuse s’est fait connaître pendant deux ans et demi chez Desjardins. Selon le quotidien Le Soleil, elle aurait utilisé un faux permis de conduire et une fausse carte d’assurance maladie pour se faire embaucher.

L’été dernier, Solange Crevier a été accusée d’avoir fraudé le ministère de la Culture en 2015 et en 2016. Selon le plumitif informatisé, la quinquagénaire est aussi connue sous l’alias « Solane Greuier ».