Un prolifique exhibitionniste avait « raffiné » ses méthodes pour éviter de se faire arrêter lors de ses sorties presque hebdomadaires pour se masturber devant des femmes. Pendant six mois, Olivier Soutière a fait de nombreuses victimes à Québec, à Montréal et à Granby. Il passera maintenant neuf mois derrière les barreaux.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« M. Soutière admet avoir prémédité l’ensemble de ses actions indécentes, de même que s’être placé à des endroits stratégiques afin d’être vu par les femmes. Il avoue que, pendant un certain temps, il s’est livré à de telles conduites de façon quasi hebdomadaires », relève le juge Yves Paradis, dans une décision rendue mardi dernier au palais de justice de Montréal.

L’homme de 28  ans a plaidé coupable dans les dernières semaines à huit chefs d’actions indécentes et à trois chefs de harcèlement criminel pour des infractions commises en 2018 et 2019. Le juge Paradis lui a imposé une peine de neuf mois de prison, dont quatre mois pour avoir notamment harcelé une ex-conjointe.

Olivier Soutière a d’abord frappé à Québec en janvier 2018. Il se stationnait devant une station-service et se masturbait en regardant des employées, âgées de 16 et 17  ans. Le jeune homme s’est également exhibé en observant des femmes qui s’entraînaient près d’une fenêtre d’un centre d’entraînement de Québec.

L’exhibitionniste a aussi reconnu avoir demandé à une employée d’une station-service de la capitale de monter à bord de son véhicule, alors qu’elle quittait le travail. Sa voiture avait été observée en train de rôder dans les alentours dans les jours précédents, ce qui effrayait les commis, dont une adolescente de 16  ans. À l’été 2018, le criminel s’est également masturbé en regardant une femme promener son chien à Granby.

Dans la métropole, Olivier Soutière s’approchait de ses victimes à la sortie du métro ou d’un abri d’autobus. Les femmes découvraient alors avec stupeur que le jeune homme se masturbait au volant du véhicule. L’une des victimes a expliqué à la cour avoir peur d’être surveillée par Olivier Soutière et avoir dépensé une fortune en taxi afin d’éviter le transport en commun.

Incapable d’accepter sa rupture avec son ex-copine, Olivier Soutière n’a jamais cessé de la harceler, même si les policiers l’avaient avisé de ne plus communiquer avec elle. « Elle avait peur qu’il se présente chez elle, peur de marcher seule dans la rue et de le croiser », a dit le juge.

Le juge souligne la « récurrence » et la « persistance » de ses comportements malgré les interventions policières, lesquels démontrent son « absence de freins internes », indique-t-on dans le rapport présentenciel. Selon les experts, son risque de récidive est supérieur à celui du délinquant sexuel typique.

En raison de son risque de récidive et de ses antécédents judiciaires, la procureure de la Couronne, Me Cynthia Gyenizse, a demandé 21  mois d’emprisonnement. L’accusé traîne une trentaine d’antécédents pour « liberté sans excuse », quatre pour menaces et une pour agression armée. La défense suggérait 90  jours de prison la fin de semaine compte tenu de ses efforts de réhabilitation.

Selon l’évaluation spécialisée en délinquance sexuelle, Olivier Soutière « minimise les conséquences pour les victimes » et « donne plutôt l’impression de vouloir seulement éviter les impacts négatifs que son comportement entraîne », relève le juge.