La police de Montréal enquête sur une affaire de coup de feu tiré dans la vitrine d’un resto-bar de la Petite Italie, tard dans la soirée de mercredi.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Vers 23 h 45, des gens étaient attablés à l’intérieur du bar Uncle Pete’s, situé au 7018 du boulevard Saint-Laurent, près de la rue Mozart, « lorsqu’ils ont vu un trou apparaître dans la vitrine », explique l’agent Manuel Couture du SPVM.

Personne n’a été blessé.

Toutes les hypothèses sont bonnes pour les enquêteurs du centre opérationnel de la région nord de la police de Montréal, mais à première vue, le crime pourrait ressembler à un message qu’un ou des individus auraient voulu lancer.

Connu depuis au moins une douzaine d’années

Ce n’est pas la première fois que l’établissement est visé par une attaque. En 2008, le bar Uncle Pete’s a été ciblé par des incendiaires qui y avaient lancé un ou plusieurs cocktails Molotov. À l’époque, le propriétaire de l’établissement, qui est toujours le même selon le Registraire des entreprises, Peter Morina, avait dit ignorer qui aurait pu lui en vouloir.

Le café est connu des policiers. En 2014, durant l’enquête Magot-Mastiff par laquelle la Sûreté du Québec a décapité une alliance entre mafia, motards et gang qui dirigeait le crime organisé montréalais, les enquêteurs ont notamment observé le Hells Angels Gilles Lambert et l’ancien criminaliste Loris Cavaliere se rencontrer au Uncle Pete’s. Rappelons que M. Cavaliere a été arrêté à l’issue de l’enquête Magot et condamné pour gangstérisme, d’où la raison pour laquelle il n’a plus le titre d’avocat.

Durant l’enquête, les policiers ont également vu au Uncle Pete’s Stefano Sollecito, que les enquêteurs considéraient alors comme le chef de la mafia montréalaise.

« Le café Uncle Pete's, situé en face du bureau de l’avocat Loris Cavaliere sur le boulevard Saint-Laurent, sert aux membres du crime organisé à faire passer des messages et des rendez-vous entre eux. Les gens du crime organisé passent à cet endroit et les travailleurs de cet endroit leur disent s’ils ont un message ou non, et quand est le rendez-vous », a écrit textuellement un enquêteur de Magot-Mastiff dans un document judiciaire dont La Presse a obtenu copie.

Toujours durant l’enquête, les policiers ont intercepté, le 20 août 2014, une conversation entre Stefano Sollecito et Marco Pizzi dans le bureau de Loris Cavaliere, au cours de laquelle les deux hommes discutent des profits engendrés par des « machines » installées dans plusieurs cafés, dont le Uncle Pete’s, et qui rapporteraient des millions chaque année, selon un précis des faits que nous possédons également.

En 2007, les enquêteurs de la section des stupéfiants de la région nord du SPVM ont effectué des achats de drogue contrôlés au Uncle Pete’s, après avoir reçu des informations voulant que l’endroit était un lieu de trafic de drogue. Ils ont également perquisitionné l’endroit et découvert de l’argent, et au moins une balance contaminée par de la cocaïne.

Le propriétaire de l’endroit a été convoqué par la Régie des alcools en 2009 pour défendre ses permis.

Nuit mouvementée

Par ailleurs, des coups de feu ont également été tirés vers 0 h 30 dans la porte d’un studio d’enregistrement situé sur la rue Port-Royal Ouest, près de la rue Clark, dans le quartier Ahuntsic, dans le nord de Montréal.

Des gens se trouvaient à l'intérieur du studio. Ils n’ont pas été blessés et ont alerté les policiers.

On ignore si cet événement est lié avec le coup de feu tiré dans la vitrine du café Uncle Pete’s.

Depuis le début de l’année, au moins neuf événements de coups de feu sont survenus en 16 jours à Montréal.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à
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