Lunettes d’approche, attache-câbles et bâillon-boule : le sadique sexuel Michel Cox avait en main ce sordide arsenal l’été dernier, lorsqu’il aurait tenté de kidnapper une adolescente en plein jour à Outremont. Le prédateur a utilisé un modus operandi similaire pour agresser sexuellement huit femmes dans les années 2000 à Laval.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« La Commission trouve troublant[e] et préoccupant[e] la liste des objets retrouvés sur vous et dans votre véhicule au moment de votre arrestation. Il semble s’agir d’outils à être utilisés pour dénicher des victimes et les soumettre à vos désirs », écrit la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC) dans une récente décision révoquant la libération d’office de Michel Cox en raison de sa criminalité « extrêmement grave » et de sa grande dangerosité.

Il s’agit d’un changement de ton majeur pour la CLCC. En juin dernier, la commissaire Suzanne Poirier avait ignoré l’avis des intervenants en libérant Michel Cox, même s’il avait violé ses conditions en côtoyant sans être accompagné des enfants seuls et présentait un risque élevé de récidive. Sa libération ne causait pas de « risque inacceptable pour la société », selon la commissaire.

À peine deux mois plus tard, Michel Cox aurait tenté de kidnapper une adolescente de 16 ans rue Saint-Viateur, à Outremont, en se faisant passer pour un policier. Il aurait abordé sa proie en prétextant l’interpeller pour une affaire de vente de drogue. La CLCC révèle de nouveaux détails de ce crime qui a choqué les Montréalais en août dernier.

« Vous l’auriez menottée puis poussée dans la voiture, sur laquelle elle s’est frappé la tête. Vous lui auriez mis un masque sur les yeux. La victime se serait mise à crier de toutes ses forces. Elle aurait réussi à enlever son masque et à ouvrir la portière. Vous auriez tenté de l’agripper et de la rattraper pour l’empêcher de sortir. Vous seriez tous deux tombés au sol et elle se serait blessée au genou. La victime aurait continué de crier et des témoins se seraient approchés », décrivent les commissaires.

En fuite, Michel Cox a été repéré plus tard dans un centre commercial non précisé. Lorsque les policiers lui ont demandé d’immobiliser son véhicule, l’agresseur a décollé brusquement. S’en est suivie une poursuite à grande vitesse dans les rues de Saint-Jérôme, parfois en sens interdit. Michel Cox s’est finalement enfui en courant avant d’être rattrapé par les policiers.

L’homme de 43 ans – qui aurait légalement changé son nom pour celui de Michel Vautour – a été accusé d’enlèvement, de séquestration, de vol qualifié, de s’être présenté faussement comme un agent de la paix et de refus d’arrêter son véhicule lors d’une poursuite. Il demeure détenu depuis et doit revenir en cour en janvier prochain.

Des victimes vivant dans la « peur »

Des victimes de Michel Cox vivent toujours dans la « peur et l’angoisse » à l’idée de voir le prédateur sortir de prison. Elles sont « préoccupées et atterrées par la pensée que vous pourriez faire de nouvelles victimes et s’opposent à votre retour dans la collectivité soulignant que vous avez récidivé à plusieurs reprises », relève la CLCC, dans sa décision du 13 novembre.

Après son arrestation, Michel Cox n’affichait aucun remords lors d’une rencontre avec son intervenant de gestion de cas. Il semblait « uniquement préoccupé » par ses finances et le fait que sa mère devait aller chercher ses effets personnels, indique le commissaire.

C’est la deuxième fois en quelques mois que Michel Cox se moque des conditions imposées par la CLCC. Il avait été libéré d’office en 2017 aux deux tiers de sa peine de 21 ans de pénitencier imposée en 2005 pour avoir brutalement violé huit femmes et adolescentes de 14 à 25 ans à la pointe d’un couteau. Il a également été déclaré délinquant à contrôler.

Surnommé « l’agresseur de Laval », Michel Cox a semé la terreur dans l’île Jésus entre 2002 et 2004. Le sadique sexuel rôdait dans les rues la nuit pour repérer ses nouvelles proies, muni de corde, de ruban gommé et d’un couteau. Après avoir kidnappé ses victimes, il les attachait et les violait de toutes les façons possibles. Un stratagème semblable à la tentative d’enlèvement d’Outremont l’été dernier.