(Vancouver) L’agent des services frontaliers qui a procédé à l’examen de la haute dirigeante de Huawei à l’aéroport de Vancouver avant son arrestation, il y a deux ans, a déclaré jeudi qu’il ne se souvenait pas qui avait eu l’idée de demander les codes d’accès de ses téléphones.

La Presse Canadienne

Sowmith Katragadda a affirmé devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique (l’équivalent de la Cour supérieure) qu’il avait demandé à un autre agent de réclamer à Meng Wanzhou ses mots de passe, mais qu’il ne se souvenait pas si l’ordre venait d’un de ses supérieurs ou si c’était sa propre idée.

M. Katragadda témoignait dans le cadre d’une audience pour déterminer l’admissibilité des preuves dans le dossier d’extradition de Mme Meng vers les États-Unis.

Ses avocats recueillent des informations afin d’appuyer les allégations d’abus de procédure qu’ils feront valoir devant le tribunal l’année prochaine. Ils tenteront de démontrer que des agents canadiens ont recueilli des preuves pour aider les autorités américaines dans leur enquête sous le couvert d’un examen de routine à la frontière.

Les États-Unis réclament l’extradition de Meng Wanzhou, soupçonnée de fraude et de complot en vue de commettre une fraude relativement aux sanctions américaines contre l’Iran. Mme Meng et Huawei nient ces allégations.

M. Katragadda avait affirmé mercredi qu’il avait voulu mettre fin le plus rapidement possible à l’examen des douanes et de l’immigration afin de ne pas retarder indûment l’arrestation de Mme Meng par la Gendarmerie royale du Canada.

Il a déclaré que lorsqu’il avait dit à ses supérieurs qu’il était prêt à terminer l’examen, ceux-ci lui avaient demandé d’attendre pendant qu’ils consultaient l’unité de la sécurité nationale de l’Agence des services frontaliers du Canada.

Après avoir posé à Mme Meng quelques questions transmises par l’unité de sécurité nationale, M. Katragadda dit qu’il a demandé à un autre agent de récupérer ses codes d’accès.

« Je pensais que c’était raisonnable », a-t-il expliqué.

« L’examen était en cours et ses appareils électroniques étaient soumis à un examen. Que j’aie examiné ses appareils ce jour-là ou le lendemain, les mots de passe étaient importants pour mener l’examen. »

Ce n’est que lors d’une séance de débreffage subséquente qu’il a appris que les codes d’accès avaient été transmis à la GRC, a-t-il dit.

L’agent qui a noté les codes d’accès de Mme Meng a déclaré qu’il avait été « très attristé » lorsqu’il s’est rendu compte que les mots de passe avaient été accidentellement transmis à la GRC en même temps que les appareils électroniques de Mme Meng.