Onze mois après avoir obtenu la permission d’aller en maison de transition, Shane Kenneth Maloney a convaincu mardi matin les commissaires de lui accorder sa libération conditionnelle totale.

Daniel Renaud
Daniel Renaud La Presse

L’homme de 43 ans pourra donc s’établir en Colombie-Britannique, comme il le souhaite, et fonder une entreprise une fois la pandémie terminée.

Maloney purge depuis 2012 une peine de dix ans de pénitencier pour gangstérisme, trafic de cocaïne, possession d’armes et possession d’explosifs.

Il avait été arrêté en compagnie d’une centaine d’individus à l’issue d’une importante enquête de la Sûreté du Québec baptisée Loquace, visant un consortium qui a tenté de s’emparer du monopole de la distribution de cocaïne au Canada. Maloney, qui a déjà été associé au crime organisé traditionnel irlandais de Montréal, était l’un des six membres de ce consortium.

« Je ne suis plus le même homme qu’en 2012. La prison nous en enlève beaucoup. Je me sens comme si j’avais 80 ans », a d’abord déclaré Maloney aux commissaires.

Il a réitéré son intention de se tenir loin du crime et de ne pas retourner en prison, où il a trouvé les conditions de vie très difficiles en raison de son handicap.

Maloney, dont le surnom dans le milieu criminel était « La chaise » ou Wheels, se déplace en fauteuil roulant depuis qu’il est devenu paraplégique à la suite d’un accident de moto.

« Je n’ai plus les mêmes aspirations. Ma vie et simple et simpliste. Lorsque vous mettez la main sur un poêle brûlant une fois, vous ne voulez plus la remettre une seconde fois », a-t-il dit.

Maloney, qui a plaidé coupable à une accusation de trafic de cocaïne, a dit avoir passé beaucoup de temps en compagnie de consommateurs de drogues au pénitencier. « Leur histoire est très triste. C’est un commerce mauvais », a-t-il déclaré, en dénonçant son ancienne vie de criminel qu’il a qualifiée de stressante.

Fini le Gang de l’ouest

Au sujet de Montréal, où il a habité, Shane Maloney a dit que le Gang de l’ouest n’existait plus.

« C’est un terme de la police pour décrire les anglophones de l’ouest de l’île de Montréal. Ce n’est pas réellement une organisation », a-t-il expliqué aux commissaires.

Durant sa détention, il dit avoir lu beaucoup, joué aux échecs et s’être rendu au gymnase chaque jour.

Il a assuré ne pas avoir peur à sa vie.

« Je ne suis pas inquiet du fait que je puisse être abattu par des types portant des lunettes de ski et des mitraillettes. Je ne regarde pas derrière pour voir qui me suit », a-t-il dit.

Il doit respecter des conditions, notamment un couvre-feu. Il lui est interdit de fréquenter des établissements licenciés.

« Pour le moment, j’essaie de ne pas attraper la COVID. Si je l’attrape, je meurs », a conclu Maloney.

Par ailleurs, un autre membre du consortium de six individus démantelé dans l’opération Loquace, Mihale Leventis, 44 ans, a été condamné lundi aux États-Unis pour avoir importé d’importantes quantités de marijuana dans ce pays.

Leventis, qui avait plaidé coupable devant un juge américain en septembre dernier, a été condamné à une peine d’emprisonnement déjà complétée.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.