Ahmad Nehme n’aura pas droit à un nouveau procès pour le meurtre prémédité de sa femme Catherine de Boucherville, commis dans un contexte de jalousie, il y a huit ans. La Cour d’appel du Québec a rejeté l’appel du meurtrier jeudi, presque trois ans jour pour jour après avoir été reconnu coupable par un jury.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Le Montréalais de 56 ans a été condamné à la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans à la suite de ce verdict.

Rongé par la jalousie, Ahmad Nehme a poignardé à 18 reprises sa femme, le 5 juillet 2012, dans leur résidence de l’arrondissement de LaSalle. Les deux enfants du couple, dont leur fils autiste de 13 ans, se trouvaient dans la maison au moment du meurtre.

« M. Nehme a agi en fonction d’une rage, d’une colère, d’une frustration que Catherine de Boucherville échappe à son contrôle. Si je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura », avait plaidé le procureur de la Couronne Éric Côté, à la fin du procès, au palais de justice de Montréal.

La fille du couple, Dania Nehme, avait dépeint son père comme un homme intimidant, hyper contrôlant et persuadé que sa femme avait sali son « honneur ».

PHOTO DÉPOSÉE EN PREUVE

Catherine de Boucherville, tuée le 5 juillet 2012, dans l’arrondissement de LaSalle à Montréal

Ahmad Nehme admettait son crime, mais tentait d’obtenir un verdict de non-responsabilité criminelle pour troubles mentaux. L’expert de la défense avait diagnostiqué un « trouble délirant » de type « persécutoire et jaloux ». Ahmad Nehme était persuadé que sa femme et son présumé amant cherchaient à le tuer, selon la défense. Un récit complètement rejeté par le jury.

Les juges de la Cour d’appel ont rejeté tous les motifs d’appel soulevés par la défense, notamment sur le fait que le juge Jean-François Buffoni a « erré en droit » à plusieurs occasions. Notons que le vétéran juge de la Cour supérieure a annoncé cette semaine avoir pris sa retraite après presque deux décennies sur le banc.

« Ce procès est mon dernier procès à vie », a déclaré jeudi le juge Buffoni, lors d’une audience dans le dossier de Carlos Teran Flores, un jeune homme condamné récemment pour homicide involontaire.