Un homme aurait tué par balles ses deux sœurs avant d’être atteint à son tour par les policiers dans un échange de coups de feu dans l’est de Montréal. Aucun patrouilleur n’a été atteint dans cette affaire, qui a toutefois entraîné le déclenchement d’une opération policière d’envergure, provoquant l’émoi dans le quartier Mercier.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Les policiers ont été appelés d’urgence sur la scène à 12 h 18, au coin des rues Ontario et de Cadillac. Selon le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI), qui a pris en charge le dossier, l’homme armé aurait directement fait feu sur deux femmes, dont le décès a été constaté peu après.

Les deux victimes sont Diane Leblanc et Sylvie Leblanc, respectivement âgées de 61 ans et 57 ans. Leur identité a été dévoilée en fin de soirée samedi, à la suite de l’identification par des proches. Les deux femmes étaient originaires de Montréal.

Selon nos informations, les victimes seraient les deux sœurs du suspect. Ce dernier aurait ensuite tiré sur les premiers policiers arrivés sur les lieux.

Ces agents ont répliqué et auraient alors atteint le suspect au ventre. Celui-ci a été transporté dans un centre hospitalier à proximité, mais on ne craint pas pour sa vie. Aucun policier n’a par ailleurs été blessé lors des évènements, a pu confirmer La Presse.

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Les enquêteurs auraient trouvé d’autres armes chez le suspect, lors de la fouille de son domicile.

Le BEI et la SQ enquêteront

Comme le veut le protocole lorsqu’une personne est blessée par balle par un policier, six agents du BEI ont été chargés d’enquêter sur cette affaire, afin d’en établir les causes et les circonstances exactes. Des dizaines de voitures du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) ont aussi été déployées sur les lieux, en début d’après-midi.

La Sûreté du Québec (SQ) a pour sa part ouvert une enquête pour double meurtre, confirme le sergent Louis-Philippe Bibeau. Le corps policier fournira également deux techniciens en identité judiciaire au BEI.

De son côté, le suspect arrêté par les policiers devrait subir un interrogatoire prochainement, une fois qu’il aura obtenu son congé de l’hôpital. Il pourrait ensuite faire face à des accusations de meurtre.

Au passage de La Presse, des gens s’entassaient autour du périmètre policier, curieux, mais surtout inquiets, devant l’ampleur du déploiement. Les agents devaient rester sur place toute la soirée, samedi, au cours de la nuit, afin de rencontrer des témoins et de recueillir un maximum d’indices.

Des citoyens sous le choc

Pour bon nombre de familles et de résidants dans le quartier, l’incident a causé son lot d’inquiétudes et de stress. « Je suis monté voir quand j’ai entendu des coups de feu, et plusieurs policiers étaient déjà en train de tirer sur un homme. Il s’était réfugié juste à côté de chez moi, derrière un muret », relate Eddy Léja-Six, qui habite à l’intersection où se sont déroulés les faits.

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Eddy Léja-Six

Le Montréalais ajoute que le suspect, un homme chauve au visage « très marqué », s’est vite retrouvé « coincé » par plusieurs policiers, qui lui demandaient de mettre les mains en l’air. « Il avait l’air très agité, très paniqué. Il poussait vraiment des cris impressionnants. […] Et il avait peur », relate le citoyen.

Une fois l’arrestation effectuée, les policiers étaient « encore sur leurs gardes », raconte M. Léja-Six. « Ils sont restés très focalisés sur la maison de mon voisin. Plusieurs braquaient la maison, arme au poing. Disons qu’il y avait encore beaucoup de tension », illustre-t-il.

Virginie Robert, elle, habite plus au nord dans la rue De Cadillac. Elle affirme avoir entendu une vingtaine de coups de feu. « Au départ, c’était plus lent, mais rapidement, ça a bombardé, comme une décharge de fusils », témoigne-t-elle. Une fois les coups de feu terminés, les policiers ont « traîné l’individu par les épaules », un peu plus loin dans la rue Ontario, a aussi raconté Mme Robert.

« J’étais en train de dîner quand j’ai entendu bang, bang, bang. Ça tirait, ça n’arrêtait pas », a relaté un autre résidant, qui n’a pas voulu dévoiler son identité. Il affirme qu’une balle aurait même passé à travers l’une des maisons à l’angle des rues Ontario et De Cadillac. « Lui était sur sa galerie, et tirait sur les policiers. Eux lui disaient de lâcher son arme, mais ils ont fini par répliquer », conclut-il.