Quand Simon Brind’Amour a confié à Sandra Cormier avoir fait « LA connerie » en octobre 2018, elle a tout de suite compris la portée de cette confidence. « J’en déduis immédiatement que c’est un meurtre », a raconté mardi au jury l’ex-conjointe de Simon Brind’Amour au procès pour meurtre au second degré du Montréalais de 38 ans.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Un mois après avoir signalé la disparition de sa conjointe Josiane Arguin, en septembre 2018, Simon Brind’Amour aurait confessé le meurtre par texto à Sandra Cormier, la mère de ses enfants. « Il m’a dit qu’il a fait LA connerie à ne pas faire », a expliqué celle qui a été en couple avec l’accusé pendant 13 ans.

« On a tout le temps dit que faire un meurtre, c’est une osti de connerie à ne pas faire. Souvent, quand on regardait les émissions, les enquêtes, pis que le chum tuait sa copine. C’était la connerie à ne pas faire, parce que c’est sûr que ce serait le copain qui allait être accusé », a-t-elle expliqué au jury.

« Sur la panique » à la suite d’une telle confidence, elle a ensuite discuté au téléphone avec Simon Brind’Amour, a-t-elle déclaré mardi en toute fin de journée. Son témoignage se poursuit mercredi avec les messages textes échangés avec l’accusé.

Quelques semaines plus tôt, Simon Brind’Amour avait écrit à son ancienne conjointe avoir perdu la trace de Josiane Arguin. « Je viens de la signaler disparue, j’ai vérifié partout, personne ne l’a vue. Elle doit être cachée quelque part, mais après 14 jours, je me devais de la signaler », a confié Simon Brind’Amour par message texte.

Le Montréalais de 38 ans a également affirmé à Sandra Cormier que ce n’était pas la première fois que Josiane Arguin « partait en crise avec des propos incohérents ».

Sandra Cormier a expliqué au jury que la relation entre Simon Brind’Amour et Josiane Arguin n’étaient « pas adéquates ». « Josiane, elle buvait beaucoup et Simon s’était mis à boire et à consommer », a-t-elle témoigné. Le nouveau couple se chicanait régulièrement, selon elle.

Arrêté le 1er novembre 2018, Simon Brind’Amour a avoué aux policiers avoir tué Josiane Arguin deux mois plus tôt à coups de baguette de billard dans leur résidence de Parc-Extension et s’être débarrassé du corps dans les ordures. La dépouille de la femme de 34 ans n’a jamais été retrouvée.

PHOTO FOURNIE PAR LA POLICE DE MONTRÉAL

Simon Brind’Amour

Brind’Amour voulait un « chauffeur silencieux »

Danny Charbonneau s’est fait réveiller aux aurores par un appel de Simon Brind’Amour le matin du 1er septembre 2018. Son employé lui dit alors avoir besoin d’un « chauffeur silencieux ». Encore endormi, le témoin ne comprend pas ce qu’il veut et refuse sa demande.

Quelques heures plus tard, Simon Brind’Amour débarque en patins à roues alignées sur le chantier de l’entrepreneur. Il sue à grosses gouttes et dégage une « forte odeur » d’alcool. « Il était très étrange », se remémore-t-il.

Danny Charbonneau lui demande alors ce qu’il voulait dire par un « chauffeur silencieux ». « Quelqu’un avec une auto qui ne dit pas un mot », lui répond Brind’Amour, qui marmonne ensuite certaines phrases nébuleuses, comme « des coups de poing dans face le matin, ça marche pas ».

Après s’être confié à Stéphane, le frère de Simon Brind’Amour, Danny Charbonneau se « pose de plus en plus de questions » et décide le lendemain de se rendre au poste de police. Il reçoit entre temps un message texte de Simon Brind’Amour. « J’ai l’impression qu’il me demande de me taire », dit-il au jury.

« Pour le service que je t’ai parlé, laisse faire, c’est tombé à l’eau, comme on pourrait dire. […] Tu serais bien gentil de tenir ça mort, de ne plus appeler personne svp », lui écrit Simon Brind’Amour.

Le témoin a relaté un autre événement survenu à la mi-août 2018. En voiture avec Simon Brind’Amour, il remarque que ce dernier se frotte les jointures. « Il me répond : “Je lui en ai donné une, elle a brisé ma chaîne”. C’était d’un ton funny », raconte le témoin.

Le procès se poursuit mercredi devant la juge Hélène di Salvo au palais de justice de Montréal.