Les permis d’alcool de la Pizzeria Moretti ont été suspendus durant 45 jours mardi par la Régie des alcools, des courses et des jeux.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Celle-ci a entériné une entente intervenue entre la représentante du contentieux de la Régie des alcools, MIsabelle Poitras, et l’avocat de l’établissement, Me Sébastien Sénéchal.

Les permis d’alcool de la Pizzeria Moretti ont été suspendus d’urgence le 24 août jusqu’à ce que la cause soit débattue sur le fond, ce qui a été fait au début du mois.

La période de suspension de 45 jours débute au premier jour de la suspension d’urgence des permis, ce qui explique pourquoi elle prend fin le 8 octobre prochain.

Malgré cette suspension, la cuisine de la Pizzeria Moretti demeure ouverte uniquement pour la livraison, et les livreurs et fournisseurs alimentaires devront demeurer dans le vestibule de l’établissement de la rue Wellington, dans le respect des mesures sanitaires adoptées par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de la COVID-19.

Ni masque, ni distanciation

C’est justement en raison d’un manque de respect allégué de ces mesures que le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a demandé à ce que les permis du restaurant soient suspendus.

Les enquêteurs de l’escouade Moralité du SPVM avaient reçu plusieurs témoignages de personnes qui affirmaient que les employés ne portaient pas leur masque dans l’établissement, que celui-ci était bondé même en temps d’interdiction de fréquentation, que les tables et clients ne respectaient pas les règles de distanciation sociale, que des employés avaient contracté le coronavirus et qu’ils devaient tout de même se rendre au travail, et que les responsables géraient la situation avec désinvolture.

Les enquêteurs ont notamment effectué une opération d’observation autour de l’établissement et pris plusieurs photos d’employés et de clients pour étoffer leur preuve.

Des policiers ont témoigné que les règles n’étaient pas respectées alors qu’un gérant de l’établissement a exposé le contraire.

Les autorités ont également énuméré quelques actes de violence survenus dans le restaurant ces derniers mois.

Me Sénéchal a argué que la police avait outrepassé ses pouvoirs, que les reproches relevaient davantage de la santé publique que de la sécurité publique, que la Régie des alcools n’avait pas la compétence pour se pencher sur plusieurs arguments avancés par le contentieux, et que ceux-ci relevaient davantage de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.