Les renseignements personnels de citoyens qui ont été en contact avec une direction du ministère de la Justice pourraient avoir été « compromis ». Une plainte a été déposée à la Sûreté du Québec (SQ), qui mènera une enquête sur le sujet.

Mis à jour le 10 sept. 2020
Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

Dans une déclaration, le gouvernement dit vouloir « mettre en garde la population contre des courriels frauduleux » qui porteraient la signature de certains services provenant de la Direction générale des registres et de la certification (DRC), qui a pour mandat d’assurer la sécurité de certaines transactions.

« L’évolution de nos analyses a confirmé que certains courriels contenus dans les boîtes des 14 postes de travail impliqués sont susceptibles d’avoir été compromis », précise le porte-parole du ministère de la Justice, Paul-Jean Charest. Il affirme que son équipe « prend la situation très au sérieux ».

Bien que les mesures de sécurité aient permis de détecter rapidement le maliciel et d’intervenir pour le neutraliser, le ministère a renforcé ses dispositifs de sécurité informatique en vue d’éviter qu’une telle situation ne se reproduise.

Paul-Jean Charest, porte-parole du ministère de la Justice

Au début septembre, le Journal de Montréal avait révélé que des pirates informatiques étaient parvenus à infiltrer les systèmes internes du ministère de la Justice, « et même à envoyer des logiciels malveillants à des citoyens ayant échangé avec ces adresses ».

« Ces courriels n’émanent pas du ministère de la Justice et constituent une tentative d’hameçonnage. Il est demandé aux citoyens et citoyennes qui recevraient un tel message électronique de n’ouvrir aucune pièce jointe, de ne transmettre aucune information personnelle et de supprimer le courriel », soutient le ministère.

Contacts en cours

Selon les autorités, la campagne d’hameçonnage en question aurait été orchestrée au courant de l’été, avant d’être « détectée les 11 et 12 août derniers ».

Le ministère affirme qu’il communiquera individuellement avec les personnes lésées par cette situation au courant des prochaines semaines, afin d’informer celles-ci des ressources qui sont à leur disposition. « Tous les moyens seront mis en place rapidement », promet-on, ajoutant qu’un service de surveillance du dossier de crédit sera entre autres offert gratuitement aux citoyens qui le désireraient.

Toute personne qui aurait des doutes sur une « communication identifiée au nom du ministère » peut par ailleurs contacter son Centre des communications, au 1-866-536-5140, en choisissant l’option 4. N’importe quel service de police local, ainsi que la Sûreté du Québec ou encore le Centre antifraude du Canada, peuvent également être sollicités.