(Washington) L’avocat d’un ancien réserviste canadien accusé d’avoir participé à un complot suprémaciste pour provoquer une guerre raciale aux États-Unis demande à la cour de rejeter deux des quatre accusations portées contre lui, et de permettre à son client de subir son procès séparément de ses coaccusés.

James McCarten
La Presse canadienne

Dans une série de requêtes déposées lundi devant le tribunal de district du Maryland, l’avocat Joseph Balter exhorte également le juge à annuler une série de preuves qui, selon lui, sont préjudiciables à Patrik Mathews et ont été obtenues au moyen de mandats qui violaient ses droits constitutionnels.

Une requête distincte vise également à écarter les déclarations que le Canadien a faites aux enquêteurs. La défense affirme que ces déclarations violent notamment le droit de l’accusé à ne pas s’auto-incriminer et son droit à l’assistance d’un avocat.

Patrik Mathews, un ancien ingénieur de combat, est disparu de Beauséjour, au Manitoba, l’année dernière après la diffusion dans les médias de reportages alléguant qu’il était un recruteur pour un groupe suprémaciste blanc connu sous le nom de The Base. Il a été arrêté en janvier aux États-Unis avec deux autres personnes, Brian Lemley Jr. et William Bilbrough, et est détenu depuis. Les accusés ont tous plaidé non coupables.

Les procureurs du Maryland affirment que les trois hommes ont élaboré un complot pour déclencher une guerre raciale aux États-Unis. Ils accusent M. Mathews d’avoir appelé à tuer des gens, à empoisonner des systèmes d’eau potable et à faire dérailler des trains pour provoquer une guerre civile afin de mener à la création d’un « ethno-État blanc ». Il est aussi accusé d’avoir voulu perturber violemment un rassemblement proarmes en Virginie.

Le Canadien fait face à quatre chefs d’accusation : deux chefs liés au fait d’être un étranger en possession d’une arme à feu, et deux autres pour avoir transporté une arme à feu à travers les frontières de l’État avec l’intention de commettre un crime.

Son avocat estime que les deux derniers chefs d’accusation sont essentiellement les mêmes que les deux premiers, et que son client est accusé deux fois pour la même infraction.

Me Balter a également demandé que son client soit jugé séparément des deux autres au motif que M. Mathews ne pourra pas obtenir un procès équitable en tant que coaccusé. Parce que MM. Lemley et Bilbrough font face à un certain nombre d’accusations qui ne concernent pas M. Mathews, « le jury sera incapable de compartimenter la preuve en ce qui concerne M. Mathews », a-t-il fait valoir.

C’est le premier développement depuis plusieurs mois dans ce dossier judiciaire qui, comme plusieurs autres, a été ralenti et compliqué par la pandémie de COVID-19. Le tribunal a accepté à deux reprises d’allonger le délai prévu pour ce type de procès en raison de la nature complexe de l’affaire, du volume considérable de preuves et des circonstances liées à la santé publique.