L’homme de 35 ans blessé de plusieurs projectiles d’arme à feu, lundi soir dans le quartier Rivière-des-Prairies, est Fenel Milhomme, a appris La Presse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Milhomme, alias Nelfeu, est considéré par la police comme un membre d’un gang de rue d’allégeance rouge qui a déjà fait des contrats pour la mafia.

« Vers 21 h hier soir, un appel a été fait au 911 pour une personne blessée par balles à bord d’un véhicule garé dans le stationnement d’un petit centre commercial situé à l’angle de la 4e rue et du boulevard Rivière-des-Prairies. Lorsque les policiers sont arrivés, ils ont localisé un homme de 35 ans blessé de plusieurs balles dans le haut du corps. Il était conscient et a été transporté à l’hôpital où l’on ne craint pas pour sa vie », raconte l’agent Raphaël Bergeron du SPVM.

Selon des témoins, un homme armé se serait approché du véhicule de la victime avant d’ouvrir le feu à plusieurs reprises. Le suspect a ensuite pris la fuite en direction sud, sur le boulevard Rivière-des-Prairies. La police n’était pas encore en mesure de donner une description du suspect et d’un véhicule de fuite.

La victime est connue des policiers et ne collabore pas avec ceux-ci.

Accusé d’enlèvement

Fenel Milhomme a plusieurs antécédents judiciaires.

En 2014, il a par ailleurs été arrêté en compagnie de plusieurs individus dans le cadre d’une importante enquête de la Gendarmerie royale du Canada baptisée Clemenza par laquelle la GRC s’est attaquée aux clans de la mafia montréalaise qui avaient pris la relève du clan Rizzuto affaibli par l’opération Colisée, l’emprisonnement aux États-Unis du parrain Vito Rizzuto et une guerre intestine sanglante qui perdurait.

Avec d’autres individus liés à la mafia, dont Davide Barberio - ancien soldat du chef de clan Giuseppe De Vito empoisonné au cyanure dans sa cellule de Donnacona en 2013 - et Ali Awada, Milhomme a été accusé d’avoir enlevé et séquestré un homme qui venait de recevoir un important héritage et qui avait vraisemblablement une dette de 2 millions envers deux frères.

Milhomme a subi une enquête sur remise en liberté en compagnie d’un coaccusé, Giuseppe Fetta, en juillet 2014, et un enquêteur de la GRC a donné des détails sur l’enlèvement.

L’homme a été enlevé le 31 mars 2011 et a été séquestré durant un peu plus d’une semaine. Il s’était rendu dans une crèmerie, où il aurait été enlevé par Barberio et Awada. L’homme aurait été déplacé quelques fois avant d’être amené dans une maison de Saint-Jacques-le-Mineur. La victime a été mise dans un véhicule, battue, frappée à la tête et séquestrée. Lorsque les policiers l’ont retrouvée, elle était menottée à un lit avec des attaches aux pieds. Deux hommes se trouvaient dans la maison, Milhomme et Hussein Abdallah. Sur place, les policiers ont trouvé deux fusils, des munitions, sept cellulaires, des menottes, du ruban adhésif de type duct tape, et un 2x4 brisé.

Ces allégations n’ont toutefois jamais été testées en cour car Milhomme et tous les autres accusés de Clemenza ont bénéficié d’un arrêt des procédures en 2017 car la Poursuite, acculée au pied du mur par la Défense, n’a pas voulu transmettre des informations sur la façon dont les appareils de communications cryptées des suspects ont été identifiés et les messages, interceptés et décodés.

Lors de l’enquête sur remise en liberté de Milhomme, un rapport d’un expert des gangs de rue du SPVM a été déposé dans lequel il était indiqué que l’accusé était fiché comme un membre des Bo-Gars et des Unit 44, d’allégeance rouge.

Sur des photos trouvées sur Facebook, Milhomme se trouvait en compagnie de membres des Unit 44 accusés et condamnés pour le meurtre de Gaetan Gosselin, ami et homme de confiance de Raynald Desjardins, tué chez lui en 2013.

Les allégeances se font et se défont rapidement maintenant au sein du crime organisé et des gangs de rue, alors ces liens dressés en 2014 ne sont peut-être plus factuels.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.