Rabih Alkhalil, membre d’un consortium de six individus qui avaient tenté de s’emparer du monopole de la distribution de cocaïne au Canada en 2012, selon la police, a été acquitté vendredi matin de la plupart des accusations portées contre lui.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Alkhalil, 33 ans, dont le procès à Longueuil s’est déroulé l’hiver dernier, a été acquitté d’accusations de trafic de cocaïne au profit d’une organisation criminelle, trafic d’argent, importation et trafic de cocaïne. En revanche, il a été reconnu coupable de chefs de complot pour importation et complot de trafic de cocaïne.

Alkhalil a été arrêté en compagnie de 90 individus à l’issue d’une importante enquête de la Sûreté du Québec baptisée Loquace, le 1er novembre 2012.

Le porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales, MJean-Pascal Boucher, a déclaré que le DPCP allait lire le jugement avant de se prononcer sur la suite des choses.

La cause a été reportée à la fin du mois.

L’enquête reposait principalement sur la participation d’un agent civil d’infiltration (ACI). Ce dernier, un membre de l’organisation, agissait sous les ordres de l’un des chefs, Frédéric Lavoie. Il photographiait systématiquement tout l’argent et toute la drogue qui lui passaient entre les mains, et il interceptait les messages cryptés de ses complices, avant de tout remettre à la police.

La preuve présentée contre Alkhalil durant le procès reposait également sur le témoignage d’un autre complice devenu témoin repenti et sur des messages cryptés impliquant un certain Honda.

Preuve circonstancielle insuffisante

Dans son jugement de 55 pages, la juge Anne-Marie Jacques de la Cour du Québec a estimé crédibles les témoignages de l’ACI et du témoin repenti, et statué que le pseudonyme Honda dans les messages cryptés était bel et bien celui d’Alkhalil.

Toutefois, en résumé, elle a statué que la preuve circonstancielle accumulée contre l’accusé était suffisante pour prouver sa participation à un complot d’importation et de trafic de cocaïne, mais insuffisante pour démontrer qu’il s’était impliqué directement dans une importation, qu’il avait fait du trafic au profit d’une organisation criminelle et qu’il avait bien reçu les nombreuses sommes d’argent dont il était question dans les messages textes ou qui avaient été remises à des courriers, et dont la poursuite affirmait qu’elles lui étaient destinées.

Durant son témoignage, l’ACI a déclaré qu’Alkhalil était selon lui le patron des importations de cocaïne du consortium, mais la juge n’a pas retenu cet élément.

La poursuite est assurée par MTian Meng et MAlain Pilote du Bureau de la grande criminalité et des affaires spéciales, alors que MChristian Gauthier et MAnnik Magri représentent Alkhalil.

Rabih Alkhalil a déjà été jugé pour meurtre à Toronto dans un procès à l’issue duquel il a été reconnu coupable. Une fois que les procédures le visant au Québec seront terminées, il doit avoir un autre procès devant jury dans la région de Vancouver.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.