Un prédateur récidiviste a reconnu cette semaine avoir leurré deux adolescents sur Facebook lors de discussions sexuellement explicites. Le Montréalais Richard Perron a notamment invité un garçon de 13 ans à regarder un film chez lui. Pour rassurer sa victime, il disait alors ne pas être « méchant ».

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Le pédophile de 50 ans a plaidé coupable mardi à deux chefs d’accusation de leurre informatique de mineurs de moins de 16 ans au palais de justice de Montréal. Il faisait également face à des accusations d’incitation à des contacts sexuels.

Sous le nom de « Ricky Montréal Perron », Richard Perron a communiqué sur Facebook avec sa première victime en juin 2017. L’accusé a alors tenu des propos sexuellement explicites à la victime sur Messenger. « Tu ferais trop l’amour, tu triperais », a entre autres écrit l’accusé, qui disait avoir 45 ans ou 21 ans, selon le résumé des faits présenté en cour.

À l’automne 2019, Richard Perron discute avec une seconde victime, un agent d’infiltration de la police qui lui dit avoir 13 ans. Le pédophile questionne l’adolescent sur son orientation sexuelle et sur ses pratiques sexuelles. Il lui demande notamment des photos « sexy » de « torse nu » et l’invite à regarder des films chez lui. L’agent fixe alors un rendez-vous au métro Joliette avec l’accusé, qui accepte l’offre.

PHOTO FOURNIE PAR LE SPVM

Richard Perron

Richard Perron est arrêté le jour même par le Service de police de la Ville de Montréal. Il admet alors aux policiers être attiré par les jeunes garçons et être conscient qu’une relation sexuelle avec un garçon de 15 ans est illégale. Il ajoute qu’il n’avait pas l’intention de se rendre au rendez-vous du métro Joliette, car il trouvait le garçon de 13 ans « trop jeune ».

Déjà condamné en 2012

Richard Perron était par ailleurs soumis depuis 2012 à une interdiction d’utiliser un ordinateur dans le but de communiquer avec une personne âgée de 16 ans et moins, et ce, pour une période de 20 ans.

Le pédophile n’en est pas à ses premiers démêlés avec la justice. En 2012, il avait été condamné à 18 mois de détention pour possession de pornographie juvénile, incitation à des contacts sexuels, leurre informatique et exhibitionnisme, au palais de justice de La Malbaie.

À l’époque, Richard Perron avait utilisé les pseudonymes de « Ti-pou Perron » et « Fred Perron » pour communiquer avec des garçons de moins de 14 ans sur les réseaux sociaux. « Il était très explicite dans ses intentions. Les jeunes ont averti leurs parents qui ont porté plainte à la police. Il n’a donc pas eu le temps de les rencontrer. Les jeunes ont fait le bon choix en dénonçant la situation », avait déclaré une porte-parole de la Sûreté du Québec au quotidien Le Soleil en 2011.

Les observations sur la peine sont prévues en novembre prochain devant la juge Mélanie Hébert. L’accusé est défendu par MMarie-Hélène Giroux.