(Ottawa) Un adolescent arrêté lors d’un raid de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) à Kingston en Ontario, l’année dernière, a plaidé coupable à une série d’accusations liées au terrorisme pour avoir tenté d’encourager et de faciliter un attentat à la bombe.

Lee Berthiaume
La Presse canadienne

Le jeune homme de 17 ans, qui ne peut être identifié en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, a admis les quatre chefs d’accusation-plus un autre pour avoir enfreint ses conditions de mise en liberté sous caution – lors d’une comparution vidéo devant la Cour de justice de l’Ontario à Belleville, mardi.

La peine sera déterminée à une date ultérieure. La Couronne demande que le jeune soit traité comme un adulte. La juge Elaine Deluzio a ordonné une évaluation psychiatrique et la préparation d’un rapport présentenciel.

L’affaire devrait être renvoyée devant le tribunal le 29 septembre.

La Presse canadienne a suivi les procédures par téléphone en raison de la pandémie.

La GRC a arrêté l’adolescent lors d’un raid à Kingston, le 25 janvier 2019, à la suite d’une enquête lancée par un renseignement reçu de la police fédérale américaine. L’adolescent avait commencé à communiquer, sans le savoir, avec un agent d’infiltration du FBI.

Selon un exposé conjoint des faits lu en anglais par la Couronne et traduit en arabe devant le tribunal, le jeune pensait que l’agent était un terroriste islamique, un « loup solitaire », en Virginie et qu’il avait besoin de soutien.

L’adolescent a envoyé à l’agent des instructions sur la façon de fabriquer une bombe avec un autocuiseur. Il l’a également encouragé à en construire une et à déposer la bombe dans un lieu public, comme un bar, afin de tuer des « infidèles », selon le relevé des faits. Le jeune a affirmé qu’une telle attaque aiderait Daesh (groupe armé État islamique).

Bien que la GRC eut déclaré qu’aucune bombe n’avait été posée, le tribunal a appris qu’un certain nombre de substances explosives ont été saisies et que le jeune prévenu avait admis avoir conçu un engin explosif et projeté de le dissimuler dans un lieu public ou encore sous un véhicule de police ou un véhicule militaire.

L’adolescent a également admis avoir créé une présentation sur le logiciel PowerPoint contenant des instructions sur la fabrication d’une bombe à partir d’un autocuiseur et d’avoir diffusé l’information en ligne.

L’adolescent a plaidé coupable, mardi, d’avoir facilité une activité terroriste, possédé une substance explosive avec l’intention de blesser ou de tuer, pris des mesures pour provoquer une explosion et conseillé à une autre personne de faire exploser un engin explosif dans le but de causer des blessures ou la mort.

Il a également admis avoir enfreint ses conditions de mise en liberté sous caution alors qu’il a omis de porter un dispositif de suivi.

Comme pour le reste de la procédure, les accusations ont été lues en anglais et traduites en arabe. L’accusé, qui à un moment donné s’est fait avertir par le juge de garder les yeux ouverts, a plaidé coupable à chaque accusation en arabe.

L’arrestation du garçon, en janvier 2019, avait attiré beaucoup d’attention. Une enquête conjointe du FBI, de la police de Kingston, de la Police provinciale de l’Ontario, de l’Agence des services frontaliers du Canada et de l’agence fédérale qui suit les activités financières suspectes avait permis d’arrêter l’accusé.

Les représentants de la loi avaient utilisé un petit avion de surveillance de la GRC et le survol de Kingston pendant des semaines, avait déconcerté et parfois dérangé les résidents de cette ville normalement calme au bord du lac Ontario.

La GRC a déclaré que le soutien aérien avait aidé la police à garder un œil sur certaines adresses.

L’arrestation avait également alimenté de nouvelles craintes à l’époque au sujet des sympathisants de Daesh au Canada. Deux membres des Forces armées canadiennes ont été tués lors d’attaques distinctes de sympathisants de Daesh en 2014.