(Saint-Apollinaire) Les recherches ont repris samedi matin pour retrouver Martin Carpentier et ses deux fillettes, disparus depuis mercredi soir.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

Dans la nuit de jeudi à vendredi, dans un secteur boisé derrière chez lui à Saint-Apollinaire, Marc-André Tessier a entendu des cris. Il a tout de suite pensé aux deux fillettes et à leur père disparus depuis mercredi soir.

« Il était environ 1 h du matin, les fenêtres étaient ouvertes. J’ai entendu crier comme un enfant. Ç’a réveillé ma fille qui est venue me voir et m’a dit : "papa, est-ce que ce sont des enfants ?" », a raconté à La Presse Marc-André Tessier, 36 ans.

« Je suis sorti dehors et je l’ai entendu encore. Je n’étais pas capable de dire si c’étaient des cris d’enfant ou d’animal, mais c’étaient clairement des cris de détresse. »

L’homme qui habite un secteur reculé de Saint-Apollinaire, à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Québec, sur la Rive-Sud, raconte avoir appelé la police en pleine nuit. D’autres voisins ont aussi confirmé avoir entendu ces cris mystérieux.

Le signalement a convaincu la Sûreté du Québec de déplacer vendredi matin son poste de commandement sur la rue Veilleux, qui est bordée par un secteur forestier. Des policiers à pied, en VTT, des bénévoles, des chiens dépisteurs et un hélicoptère ont ratissé le secteur toute la journée, sans succès.

Vendredi après-midi, Norah Carpentier, 11 ans, et Romy Carpentier, 6 ans, n’avaient toujours pas été retrouvés, tout comme leur père, Martin Carpentier, 44 ans. Il est considéré comme le suspect principal dans leur enlèvement.

Toujours vendredi, la conjointe actuelle de Martin Carpentier a lancé un cri du cœur pour le convaincre de donner signe de vie.

« Martin on s’inquiète, on n’a pas eu de nouvelles de toi depuis l’accident. On se demande si tu es correct », dit dans une vidéo Cathy Gingras, qui n’est pas la mère des deux fillettes.

« Les filles, Romy et Norah, on veut savoir si elles vont bien, si toi tu vas bien. Donne-nous des nouvelles, fais-nous un signe, appelle tes parents, n’importe quoi », ajoute la femme dans le segment d’une quarantaine de secondes diffusé par la Sûreté du Québec.

Jeudi, une femme qui s’est présentée comme la mère des deux fillettes avait lancé un appel sur les réseaux sociaux : « Il faut retrouver mes filles et leur papa », écrivait Amélie Lemieux.

Une auto vide

Où sont passés Norah, Romy et leur père ? Le mystère reste entier. Les trois sont aperçus pour la dernière fois mercredi, vers 20 h 30, dans un dépanneur du secteur de Saint-Nicolas, à Lévis.

Puis vers 21 h 30, pour des raisons toujours inexpliquées, le véhicule de Martin Carpentier fait une sortie de route au km 288 de l’autoroute 20. La Volkswagen Passat 2008 a fait des tonneaux.

La SQ confirme avoir trouvé des traces de sang dans l’habitacle, comme si l’un des passagers avait été blessé. Mais les policiers ignorent si les filles étaient encore avec leur père à ce moment-là.

« On ne sait pas si les filles étaient à bord du véhicule. C’est ce qui complique cette enquête : nous avons une sortie de route et une voiture vide. Il y a trois personnes manquantes », relate le porte-parole de la SQ Louis-Philippe Bibeau.

Puis, presque plus rien. La police lance dès jeudi des recherches dans un secteur de Saint-Apollinaire au sud de l’autoroute, comme si le trio avait quitté la scène de l’accident pour s’enfoncer dans une zone rurale et boisée.

Les policiers ont inspecté les maisons, les chalets, les garages, les moindres chemins forestiers. Puis vendredi matin, ils se sont déplacés autour de la rue Veilleux, où les cris ont été entendus. La zone se trouve à environ 5 kilomètres de l’autoroute 20.

Les recherches ont été compliquées par la chaleur intense. Il faisait près de 35 degrés Celsius. Ça n’a pas empêché de Bons Samaritains de se présenter pour offrir leur aide à la famille.

Clara Beaudoin, une résidente de la rue Veilleux, a prêté son garage et son terrain à la SQ afin qu’elle installe son poste de commandement. Elle a même enfourché le motocross de son fils, trop grand pour elle, pour partir à la recherche des petites fillles.

« Ici c’est un coin avec plein, plein, plein de petits chemins, en terre, en sable, indique Mme Beaudoin. On n’a pas encore trouvé. Mais je vais y retourner, c’est certain. »

Le premier ministre du Québec a appelé vendredi les Québécois à être vigilants et à ouvrir l’œil.

« On a mis toutes les ressources nécessaires pour retrouver les deux petites filles, a lancé François Legault en conférence de presse. À l’heure actuelle, il y a environ 80 personnes qui travaillent sur terre et dans les airs pour les retrouver. »

Puis M. Legault d’ajouter : « On souhaite que ça se finisse bien, qu’on retrouve les petites filles saines et sauves. »