(Ottawa) L’homme lourdement armé qui a fait irruption sur les terrains de Rideau Hall jeudi dernier aurait proféré des menaces à l’endroit du premier ministre Justin Trudeau.

Nicolas Bérubé Nicolas Bérubé
La Presse

C’est ce que révèlent des documents récemment déposés à la cour.

On y apprend que Corey Hurren, 46 ans, membre des Forces armées canadiennes, père de famille et artisan saucissier, avait un arsenal imposant avec lui lorsqu’il a forcé les grilles de la propriété avec sa camionnette tôt jeudi dernier.

Selon les documents, Hurren, originaire du Manitoba, avait avec lui un fusil d’assaut M14, un fusil de chasse Lakefield Mossberg, un fusil Dominion Arms Grizzly ainsi qu’un révolver Hi-Standard, une arme à feu à autorisation restreinte pour laquelle Hurren n’aurait pas de permis.

Hurren avait également avec lui un magasin à haute capacité, sans avoir l’autorisation nécessaire.

Les documents montrent que Hurren est également accusé d’avoir voulu « causer la mort ou des lésions corporelles » au premier ministre Justin Trudeau. On sait qu’une note avait été trouvée à bord du camion du suspect par les enquêteurs, mais on ne sait toujours pas ce qu’elle contenait.

L’homme présentement incarcéré fait face à 22 chefs d’accusation criminels.

Sécurité rehaussée

Jeudi dernier, vers 6 h 30, Hurren aurait foncé sur une grille du 1, promenade Sussex, avec sa camionnette. Une fois sur le terrain, il se serait caché dans un rosier, près d’une serre, avec au moins une de ses armes sur lui.

Des officiers ont peu après commencé à lui parler. Au bout de 90 minutes d’échanges, Hurren a été arrêté sans autre incident. Justin Trudeau n’était pas à sa résidence au moment des faits. La sécurité de Rideau Hall a depuis été rehaussée.

Corey Hurren est marié et père de famille. Il habitait Bowsman, une petite municipalité située à 400 kilomètres de Winnipeg, au Manitoba. Il travaillait comme boucher dans une épicerie locale, et possédait GrindHouse Fine Foods, une petite entreprise de fabrication de saucisses artisanales.

Les médias locaux ont fait état de l’étonnement des gens de Bowsman au sujet des gestes reprochés à Hurren, qui était impliqué dans sa communauté, selon les témoignages récoltés.

Sur Facebook, Corey Hurren parlait de sa fierté d’être un Ranger canadien, un sous-élément spécialisé des Forces armées canadiennes. Il était aussi adepte des théories du complot, et indiquait que la pandémie de COVID-19 l’avait obligé à cesser sa production de saucisses.

Bill Gade, un de ses amis, a lancé il y a quelques jours une page GoFundMe pour aider la femme et les enfants de Corey Hurren à faire face à leurs obligations financières.

« Les fonds de cette campagne iront à Jennifer et aux enfants, y écrit M. Gade. Ce n’est pas un fonds de défense légale et l’argent ne sera pas utilisé au profit de Corey. » La page avait récolté 7550 $ lundi.

Certains donateurs ne cachaient toutefois pas leur fierté au sujet des gestes reprochés à Corey Hurren.

« Je suis fière de lui et de votre famille, gardez la tête haute, car vous n’avez pas à avoir honte », écrit Delorus Gerdun, qui a fait un don de 50 $.

James Kooistra a fait un don de 250 $. « La famille devrait garder la tête haute du fait de son association avec un héros canadien. […] Respect, Corey », écrit-il.