Un rendez-vous galant a tourné au cauchemar pour une femme, il y a trois ans, à Brossard. À la sortie du cinéma, son nouveau copain l’a rouée de coups dans la neige en lui arrachant des cheveux, alors qu’elle tentait de fuir. C’est l’intervention salvatrice d’un policier qui a sauvé la victime de Gilles Dupuis de cette sinistre agression.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Le résidant de Saint-Jean-sur-Richelieu de 51 ans a été reconnu coupable de voies de fait, de séquestration et de méfait à la mi-juin au palais de justice de Longueuil. Comme l’évoque le juge Richard Marleau, la victime n’a jamais pu prévoir cette « soirée cauchemardesque ». Elle ignorait visiblement les antécédents de violence conjugale de sa fréquentation.

Gilles Dupuis et la victime avaient fait connaissance sur l’internet le 1er janvier 2017 et s’étaient fréquentés à quelques reprises par la suite. Le soir du 5 février, ils se donnent rendez-vous au cinéma du Quartier DIX30 de Brossard. Mais leur sortie tourne au vinaigre lorsque l’accusé sort après 15 minutes pour se plaindre du mauvais son du film. Un froid se crée entre les deux. À la fin du film, la victime quitte le cinéma sans attendre l’accusé. « T’es où, ma sauvage », lui texte-t-il.

Gilles Dupuis veut alors récupérer ses affaires dans la voiture de la victime. Mais la victime part seule du DIX30. À la suite des nombreux appels de l’accusé, elle revient le chercher au resto-bar Les 3 Brasseurs. Gilles Dupuis est alors en train de boire une bière. Il finit par monter à bord de la voiture.

C’est à ce moment que la situation dégénère. Alors que la victime conduit, Gilles Dupuis la frappe à la tête, faisant tomber ses lunettes. Elle perd alors la maîtrise et endommage sa voiture. L’accusé l’intime de continuer et lui tire les cheveux. Dans un secteur rural du boulevard Grande Allée, le bourreau demande d’arrêter pour aller uriner. Il sort à peine de la voiture et urine en partie à l’intérieur.

Gilles Dupuis repousse alors la plaignante, brise le levier des essuie-glaces et frappe le tableau de bord. Apeurée, la victime recule son véhicule dans le fossé. Elle réussit alors à se défaire de son emprise et se met à courir en direction d’une maison à proximité. Or, elle tombe dans la neige en courant.

Le bourreau embarque sur elle, lui arrache des cheveux et met sa main sur sa bouche et sur son nez pour l’empêcher de crier. Elle se débat, mais l’agresseur utilise un genou pour qu’elle ne se relève pas. C’est à ce moment que le sergent Bergeron remarque les phares du véhicule dans le fossé. Ce deus ex machina intervient alors que Gilles Dupuis assène des coups de poing au visage de la victime. L’agresseur tient dans ses mains des « mottons » de cheveux et est visiblement intoxiqué par l’alcool, remarque le policier.

Le juge Marleau a complètement rejeté la version de l’accusé. Ce dernier affirmait ne pas savoir comment le véhicule s’était retrouvé dans le fossé et prétendait n’avoir jamais frappé la victime. Les observations sur la peine auront lieu en septembre prochain.