De jeunes filles de 9 à 12 ans sont tombées dans les mailles du filet d’un pédophile en lui envoyant des photos et des vidéos d’elles nues. Martin Barbeau a été reconnu coupable de 22 chefs d’accusation, vendredi, dont possession et transmission de pornographie juvénile. Il utilisait souvent le même « mode d’opération » pour appâter les enfants, a évoqué le juge Pierre E. Labelle.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

L’homme de 42 ans a été arrêté par le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) en septembre 2016 et faisait face à 28 chefs d’accusation, dont leurre informatique de mineurs et incitations à des contacts sexuels d’un enfant de moins de 16 ans.

Le stratagème utilisé par Martin Barbeau pour recevoir des photos ou des vidéos de jeunes filles qu’il contactait par les réseaux sociaux était régulièrement le même. Après être entré en contact avec les victimes sur des applications comme Musical.ly, Kik Messenger ou YouNow, il leur demandait des photos d’elles nues. Lorsqu’elles refusaient, il leur envoyait une photo de leur propre profil Facebook et les menaçait de la modifier pour ensuite la diffuser.

Devant les menaces répétées de Barbeau, plusieurs jeunes filles se sont pliées à ses demandes.

À quelques reprises, l’accusé a également contacté les parents des victimes et leur a envoyé les photos nues qu’il avait recueillies. Une mère a même reçu « en bonus, une vidéo où on voit un homme qui se masturbe en disant que c’était pour sa fille », a mentionné le juge Labelle, vendredi au palais de justice de Montréal.

Il a également offert de « payer une somme entre 2000$ et 5000$ » à une mère afin de « violer sa fille », a ajouté le juge.

Lors de son témoignage en janvier dernier, l’accusé avait martelé qu’il était le premier « surpris » d’apprendre qu’il y avait 1087 fichiers qui contenaient du matériel de pornographie juvénile sur l’ordinateur et la tablette qui se trouvaient dans sa chambre, ainsi que dans le téléphone cellulaire qui était en sa possession au moment de l’arrestation. Et ce, même si l’enquête du SPVM avait aussi démontré que les téléchargements avaient été faits à partir de la résidence de l’accusé.

D’après lui, ses deux colocataires avaient accès aux trois appareils électroniques dans lesquels le matériel a été retrouvé.

« Si j’avais vu (les fichiers), j’aurais été porter ça à la police. À la première occasion, sans hésitation », avait affirmé Martin Barbeau, lors de son témoignage.

Rappelons que la Couronne avait révélé que l’adresse courriel de Barbeau avait été utilisée pour créer plusieurs comptes sur différents réseaux sociaux. Mais d’après ce technicien en informatique, ce n’était pas lui qui était derrière ces comptes. Lors de son témoignage, il avait même ajouté qu’il avait essayé de s’abonner à Instagram, mais qu’il n’avait « jamais réussi ».

Le juge n’a pas retenu la version des faits de l’accusé qui « dit essentiellement qu’il n’a pas la possession exclusive des appareils et qu’il n’est pas l’auteur des gestes qui lui sont reprochés », a précisé M. Labelle.

Il a finalement reconnu coupable Martin Barbeau de 22 des 28 chefs d’accusation. Ce dernier, masque au visage, a reçu la décision sans broncher. Les audiences sur la peine devraient avoir lieu le 9 septembre prochain au palais de justice de Montréal.