Glen Robert Crossley, qui avait mortellement happé le champion olympique canadien de natation Victor Davis en 1989, et qui a été condamné en janvier dernier à 15 mois pour avoir accidentellement tué un sexagénaire lors d’une altercation dans un bar il y a trois ans, peut retourner à la maison, après avoir purgé le sixième de sa peine.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Crossley, 50 ans, a dit aux commissaires québécois des libérations conditionnelles qu’il veut reprendre le travail qu’il occupait avant sa condamnation. Mais en raison de la pandémie de la COVID-19, l’entreprise est actuellement fermée. En attendant un retour à la normale, il veut faire du bénévolat en livrant, par exemple, de la nourriture.

« En cette période de pandémie reliée au (sic) COVID-19, la Commission vous rappelle l’importance et l’obligation de suivre les directives émises par les autorités de la Santé publique », le préviennent les commissaires à la fin de leur décision de cinq pages dont La Presse a obtenu copie.

Projeté dans les escaliers

Le soir du 17 septembre 2016, Crossley se trouvait dans un bar karaoké de l’arrondissement de LaSalle lorsque la victime, Albert Arsenault, 70 ans, s’est approchée de lui.

Les facultés visiblement affaiblies par l’alcool, le sexagénaire a fait un doigt d’honneur à Crossley qui a répliqué en poussant vigoureusement la victime qui est tombée dans les escaliers. Crossley a fui les lieux et ce n’est que 24 heures plus tard qu’il s’est présenté dans un poste de police, après avoir appris la mort du sexagénaire. Il a été accusé d’homicide involontaire, déclaré coupable et condamné à 15 mois de prison.

« Vous reconnaissez que votre conduite a pu contribuer au décès de la victime, vous dites avoir honte et manifestez de l’empathie envers l’entourage de cette dernière. Par contre, on relève que vous attribuez le résultat à une certaine malchance, à une mauvaise chute et à l’état d’intoxication avancé de la victime ».

« Vous expliquez que votre arrivée en détention fait suite à une terrible chose. Vous dites ne pas être violent. Vous expliquez les circonstances ayant mené au délit. Vous étiez sobre à ce moment. Vous dites être allé au poste de police dès que vous avez su que la victime était morte », écrivent notamment les commissaires, après avoir entendu le témoignage du délinquant.

Les commissaires indiquent que Crossley n’a pas pu suivre de programmes de thérapie en prison durant ses deux mois et un peu plus d’incarcération, car ceux-ci ont été annulés en raison de la pandémie du coronavirus.

Ils soulignent que Crossley s’est rapporté aux policiers dès qu’il a appris le décès de la victime, qu’il a respecté ses conditions durant le processus judiciaire, qu’il est demeuré abstinent, sans aide professionnelle, qu’il est en mesure de se mobiliser sans encadrement et que la détention a eu un impact dissuasif.

Pour toutes ces raisons, ils ont donc accepté de le renvoyer chez lui, tout en lui rappelant qu’il a encore des conditions à respecter.

En 1989, Crossley, qui était alors âgé d’une vingtaine d’années, a heurté avec sa voiture le nageur canadien Victor Davis à Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l’ouest de l’île de Montréal, avant de quitter les lieux.

Le champion olympique est mort deux jours plus tard et Crossley a été condamné à neuf mois de prison pour délit de fuite en 1992.

S’étant consacré jeune au hockey, Crossley a déjà voulu jouer dans la Ligue nationale.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le (514) 285-7000, poste 4918 ou écrivez à drenaud@lapresse.ca