La marque de vêtements de luxe montréalaise Nicole Benisti vient d’être condamnée à dédommager la top-modèle Danielle Knudson, contre qui elle avait intenté une poursuite judiciaire jugée abusive à la suite de l’annulation d’une séance de photos.

Vincent Larouche
Vincent Larouche La Presse

Nicole Benisti Signature Collection, entreprise sœur du géant Point Zero, est connue pour ses manteaux dont les prix peuvent atteindre 3000 $ et qui ont été adoptés par des vedettes comme Jennifer Lopez.

À l’été 2016, alors qu’elle préparait la grande campagne de promotion mondiale de sa nouvelle collection, l’entreprise montréalaise avait été abandonnée à 48 heures d’avis par la mannequin canadienne Danielle Knudson.

Mme Knudson, qui était jusque-là le visage de la marque, avait annulé sa participation à une séance de photos et forcé l’entreprise à changer tous ses plans. Mme Knudson était apparemment insatisfaite de la façon dont son image avait été gérée lors de précédentes campagnes de promotion et voulait mettre fin au partenariat.

Nicole Benisti disait avoir subi de graves inconvénients en raison de cette annulation à la dernière minute et avait donc déposé une poursuite devant la Cour supérieure du Québec à Montréal, en août 2016. L’entreprise réclamait 244 000 $ en dommages à Danielle Knudson et son agence, Wilhelmina International. « Elle nous a fait beaucoup de tort. Maintenant, nous sommes en train de travailler à une nouvelle campagne », avait expliqué Maurice Benisti, l’un des dirigeants de Nicole Benisti Signature Collection, en entrevue avec La Presse.

Or, au terme du procès, la juge Christine Baudouin vient de déterminer que « la demande en justice telle que formulée […] est presque en totalité abusive, manifestement mal fondée et dilatoire ».

« Aucune preuve »

La magistrate souligne que la plaignante a modifié ses demandes quatre fois pendant le déroulement du dossier et a refusé une offre de règlement qui aurait couvert toutes les pertes qu’elle avait subies. Les propriétaires de la marque montréalaise affirmaient notamment que la top-modèle avait porté atteinte à leur réputation par sa mauvaise foi.

« Il n’y a eu aucune preuve d’atteinte à la réputation », constate la juge.

« Rien ne supporte une telle demande en l’instance, ajoute-t-elle. Aucune preuve écrite. Aucun témoignage. Rien. »

Les plaignants disaient aussi qu’ils avaient perdu des opportunités futures en raison de l’annulation subite de la séance de photos. « Il n’existe encore une fois aucune preuve au dossier d’une potentielle, probable ou réelle perte d’opportunité pour la demanderesse », constate encore la juge.

Abus de procédure

La juge condamne donc la mannequin et son agence à rembourser 36 000 $ à l’entreprise Nicole Benisti, pour couvrir les dépenses occasionnées par l’annulation, notamment de nouveaux frais de maquillage, de coiffure et de photographie pour une nouvelle campagne avec un nouveau visage pour l’entreprise.

Mais du même coup, la magistrate condamne l’entreprise Nicole Benisti à verser 57 000 $ à Danielle Knudson et son agence, pour « abus de procédure », en raison de sa conduite dans ce dossier.

En fin de compte, c’est donc l’entreprise montréalaise qui devra verser 21 000 $ en dommages à la suite de cette affaire.