(Saint-Jérôme) L’homme accusé du meurtre sordide de la petite Océane Boyer était de retour en cour mercredi matin au palais de justice de Saint-Jérôme. Accusé vendredi dernier du meurtre au premier degré de l’adolescente de 13 ans, François Sénécal n’a pas davantage réagi à sa deuxième présence dans le box des accusés.

Louis-Samuel Perron
Louis-Samuel Perron La Presse

Barbe poivre et sel de quelques jours et vêtu d’un chandail rayé, l’homme de 51 ans n’a pas lancé un seul regard en direction de la salle d’audience, remplie de proches de la victime et de journalistes.

Cette seconde comparution depuis son arrestation la semaine dernière à Montréal était essentiellement technique. Le procureur de la Couronne, MSteve Baribeau, a demandé au juge Carol Richer d’ouvrir des paquets scellés en vue de poursuivre la divulgation de la preuve à la défense. Le contenu de ces mandats est frappé par une ordonnance de non-publication.

« Les policiers ont exécuté divers mandats qui étaient sous scellés, c’est-à-dire non accessibles à la défense et au public. Le juge a ordonné ce matin l’ouverture de ces mandats afin que la défense puisse analyser le contenu des motifs qui ont permis aux policiers d’exécuter les mandats », a expliqué MBaribeau en mêlée de presse.

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Le procureur de la Couronne, MSteve Baribeau

L’avocat de François Sénécal, MSimon Dolci, a mentionné au juge que la preuve était soumise au « compte-gouttes » par les enquêteurs. Les policiers travaillent toutefois « d’arrache-pied » pour divulguer la preuve amassée dans le cadre de l’enquête policière, assure MBaribeau. Le dossier doit revenir le 20 mars prochain.

Pour le moment, François Sénécal ne fait face qu’à un seul chef d’accusation de meurtre au premier degré – le plus grave du Code criminel. La peine pour ce crime est la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Selon le Code, un meurtre peut être au premier degré s’il est prémédité, mais peut aussi l’être dans un contexte d’agression sexuelle, de séquestration ou de harcèlement.

L’accusé était un ami de la famille depuis une vingtaine d’années. Il connaissait donc Océane depuis sa naissance et la côtoyait régulièrement. Les policiers se seraient rapidement tournés vers lui lorsque l’adolescente a été portée disparue.

Partie de chez elle vers 8 h mercredi dernier pour se rendre à l’École polyvalente Lavigne, à Lachute, Océane n’est jamais arrivée à destination. Son corps a été retrouvé à quelques kilomètres de là, à Brownsburg-Chatham, dans les Laurentides. Elle aurait été tuée par un objet « contondant ».

Ses funérailles sont prévues vendredi à Lachute.