Une femme intoxiquée hurle dans le stationnement du Beach Club de Pointe-Calumet. Elle se débat avec les policiers et dit être en « dépression post-partum ». Les autorités la menottent avant de la transporter à l’hôpital.

Véronique Lauzon Véronique Lauzon
La Presse

Les autorités policières demandent cette semaine à la Régie des alcools, des courses et des jeux (RACJ) de sanctionner le bar à ciel ouvert. Et le Beach Club risque gros. Il pourrait perdre son permis d’alcool en raison du grand nombre de problèmes déplorés : intoxications graves à l’alcool, bagarres fréquentes et même une noyade.

« Ce sont les activités de fin de semaine qui sont les plus problématiques, a expliqué mardi le sergent-détective Daniel Chalifoux, de la Régie de police du Lac des Deux-Montagnes. Entre 16 et 20 policiers sont déployés par événement. »

Quelque 384 interventions policières ont eu lieu pendant la saison estivale entre 2016 et 2018.

Le Beach Club a une entente avec le service de police afin d’avoir plus d’agents lors de ses événements. Pour la saison estivale 2019, la facture s’est élevée à plus de 250 000 $, selon l’avocat de l’établissement, Me David Beaudoin.

Les événements problématiques vécus par les policiers ont été racontés en détail, devant les deux juges administratifs, par le sergent-détective Chalifoux mardi. Il a notamment été question de la présence fréquente d’individus liés à des organisations criminelles. De la découverte fréquente de stupéfiants, certains ayant même été trouvés sous les testicules d’un festivalier. De bagarres nombreuses. De masques anti-crachat mis sur des clients violents. D’une femme blessée à la tête par « un pichet de sable ». Il est aussi « très commun » que des clients intoxiqués perdent connaissance.

Circulation et bruit

En audience mardi, les problèmes de circulation et de bruit causés par le Beach Club d’Olivier Primeau ont aussi fait l’objet de discussions. Le cas d’un piéton mort parce que « les fêtards ont fait des manœuvres dangereuses pour se sauver de la police » a été raconté. Et les problèmes causés par la présence d’un tel établissement dans une municipalité à vocation résidentielle ont été soulignés. Précisons que l’établissement peut accueillir jusqu’à 6101 personnes, soit un peu moins que le nombre d’habitants de Pointe-Calumet, estimé à un peu plus de 6600.

Le Centre hospitalier de Saint-Eustache se dit « débordé » lorsque de gros événements se tiennent au Beach Club. Il y a eu 25 transports en ambulance de clients de l’établissement en 2016 et en 2017. Le sergent-détective a tout de même avoué que « la tendance avait été à la baisse en 2018 ».

C’est d’ailleurs un des arguments que l’avocat du Beach Club a fait valoir : les propriétaires coopèrent avec les autorités. Ils tentent continuellement d’améliorer leurs services et la sécurité pour répondre à leurs attentes et minimiser les incidents.

« Avec la famille Primeau, ça se passe bien. Nous n’avons rien à leur reprocher », a d’ailleurs reconnu le sergent-détective Daniel Chalifoux.

Le propriétaire des lieux, Olivier Primeau, n’était pas présent à l’audience mardi. Par écrit, il a indiqué à La Presse que son établissement était « unique » et qu’il s’agissait « d’un cas particulier au Québec ». « J’espère qu’à la fin de l’audience, tout le monde sera content. Je souhaite qu’on trouve des solutions », a-t-il souligné.

Les audiences se poursuivent cette semaine. Le Tribunal de la Régie rendra sa décision par écrit dans les trois prochains mois.