« C’est de la malchance… Quelque chose me suit », a lâché avec dépit Glen Crossley avant d’entrer en salle d’audience pour connaître sa peine vendredi au palais de justice de Montréal. Trente ans après avoir causé la mort du champion olympique canadien Victor Davis, l’homme de 49 ans se retrouve à nouveau en prison pour avoir tué un septuagénaire en 2016.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Le résidant de Kirkland dans l’ouest de l’île de Montréal a reçu vendredi une peine de 15 mois de prison pour l’homicide involontaire d’Albert Arsenault. « [Son] degré de responsabilité est au niveau le plus bas d’une accusation d’homicide involontaire », a conclu le juge Royer.

Le tragique événement est survenu le 17 septembre 2016 au bar Station 77 dans l’arrondissement de LaSalle. Glen Crossley s’y trouvait avec quelques amis amateurs de karaoké.

Lourdement intoxiquée, la victime a fixé Glen Crossley de haut en bas à plusieurs reprises pendant la soirée, puis lui a fait un « doigt d’honneur » en touchant pratiquement son visage. Glen Crossley a alors pris le septuagénaire par le collet et l’a « déplacé » vers la droite en le repoussant.

Dès qu’il a lâché l’homme, ce dernier est tombé comme un « arbre abattu » et s’est frappé la tête sur le plancher. L’accusé a alors quitté les lieux sans savoir que la victime était gravement blessée.

La Couronne réclamait trois ans d’incarcération surtout en raison de sa condamnation il y a trente ans pour avoir fauché le nageur olympique Victor Davis. Alors qu’il était âgé de 19 ans, il avait heurté M. Davis et l’avait abandonné – comme dans le cas présent avance la poursuite. Le nageur ontarien avait remporté l’or au 200 m lors des Jeux d’été de 1984 à Los Angeles.

Le procureur Me Philippe Vallières-Roland a aussi relevé comme facteurs aggravants que Glen Crossley était sorti de ses gonds pendant son contre-interrogatoire et qu’il avait utilisé une force excessive en poussant la victime.

L’avocate de la défense Me Annie Émond demandait au juge une peine de 9 à 12 mois de prison. Pour la défense, Glen Crossley devait être considéré comme un homme presque sans antécédent judiciaire, comme celui-ci remonte à trois décennies.

Le juge Daniel Royer a déterminé qu’une peine de 15 mois de prison, assortie d’une probation de deux ans était justifiée. Selon lui, Glen Crossley n’avait pas réalisé que la victime était gravement blessée en quittant le bar. De plus, sa condamnation il y a trente ans dans le dossier Davis n’a « aucun poids » dans l’imposition de la peine.