Un an et demi après avoir été accusé de viol et d’attentat à la pudeur dans la foulée du mouvement #moiaussi, Gilbert Rozon subira son procès criminel en juin prochain au palais de justice de Montréal. Le récit de la plaignante sera ainsi entendu pour la première fois devant la cour plus de 40 ans après les événements.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’ancien grand patron du festival Juste pour rire brillait par son absence mardi matin lorsque le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard, a annoncé à la cour que le procès se déroulerait du 8 au 12 juin prochain. L’accusé était représenté par son avocat Me Pierre Poupart.

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L'avocat de Gilbert Rozon, Me Pierre Poupart.

Gilbert Rozon fait face à deux chefs d’accusation de viol et d’attentat à la pudeur pour des évènements qui se seraient produits entre le 1er juin et le 21 septembre 1980 à Saint-Sauveur, alors que le magnat déchu de l’humour avait 25 ans. Même si ces chefs d’accusation n’existent plus au Code criminel, ils sont utilisés dans le dossier puisqu’ils étaient en vigueur à l’époque.

La plaignante devrait témoigner pour la poursuite a indiqué le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard, en mêlée de presse. L’identité de celle-ci est protégée par une ordonnance de non-publication, a rappelé le procureur. Comme Gilbert Rozon a renoncé à la tenue de son enquête préliminaire, la plaignante n’a pas eu à témoigner depuis le début des procédures judiciaires.

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Le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard.

Le procès est prévu pour une durée de cinq jours, mais il s’agit d’une « évaluation généreuse », estime Me Ménard. « On a convenu que c’était plus opportun d’aller chercher une durée de procès plus longue quitte à utiliser un peu moins des jours de procès réservés plutôt que de […] manquer de temps », a-t-il expliqué.

Sur les 14 plaintes faites à la police contre Gilbert Rozon, la plainte de cette femme a été la seule finalement retenue par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Plusieurs femmes ont pourtant affirmé publiquement avoir été agressées sexuellement par Gilbert Rozon, dont la belle-sœur de celui-ci.

Gilbert Rozon n’est pas au bout de ses peines en matière civile. La Cour supérieure du Québec a autorisé en 2018 une action collective du groupe Les Courageuses à son endroit. Il toutefois interjeté appel de la décision. Comme les plaidoiries ont eu lieu en mai dernier devant la Cour d’appel du Québec, une décision pourrait être rendue dans les prochaines semaines.