Un agresseur banni à répétition du réseau de transports en commun montréalais pour des crimes sexuels visant les femmes n’a pas tardé à récidiver dans un autobus à sa sortie de prison. Malgré les avertissements d’un juge de lui imposer une « sévère » peine la prochaine fois, Rosenthal Jr Dorleans s’en est tiré avec de la prison à domicile pour sa énième récidive.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Sachez que toute récidive va vous ramener ici et avec une peine beaucoup plus sévère. Il faut faire attention », avait conclu en 2018 le juge Pierre Bélisle en le condamnant à six mois de prison déjà purgés. « Je vais faire très attention », avait alors assuré Rosenthal Jr Dorleans. Le Montréalais devait respecter une sévère interdiction d’utiliser les transports en commun pendant trois ans.

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Rosenthal Jr Dorleans

Mais moins d’un an plus tard, le Montréalais sortait son pénis derrière une passagère de l’autobus 51, qui relie les quartiers du Plateau-Mont-Royal et Notre-Dame-de-Grâce. Deux semaines plus tard, des policiers l’ont pincé en flagrant délit dans un autobus. Quelques mois plus tôt, il avait résisté à son arrestation à la suite d’une plainte pour attouchement dans le métro. L’exhibitionniste s’est reconnu coupable en novembre dernier d’avoir commis une action indécente et de ne pas avoir respecté des ordonnances de la cour.

Antécédents

Le résidant de l’est de Montréal n’en est pas à ses premières récidives. À l’été 2018, alors qu’il était soumis à une interdiction d’accès au réseau de la STM pour deux ans, il s’en était pris à plusieurs femmes dans des autobus. L’exhibitionniste a notamment frotté son pénis sur une femme deux jours d’affilée dans la ligne 136. À une autre occasion, il a exhibé son membre très près du visage de sa victime, assise dans l’autobus.

Malgré ses antécédents, ses problèmes de consommation de drogue et sa paraphilie d’exhibitionnisme, les avocats ont suggéré au juge Salvatore Mascia l’automne dernier de lui imposer une peine de prison avec sursis de neuf mois à purger à domicile. Il venait alors de passer 40 jours derrière les barreaux.

Une suggestion accueillie avec scepticisme par le magistrat.

Est-ce que Monsieur va suivre les conditions ? Est-ce que je peux imposer un sursis lorsque la preuve révèle que Monsieur est incapable de suivre une probation ? Je ne gagerais pas mon hypothèque sur Monsieur.

Le juge Salvatore Mascia

Le procureur de la Couronne a alors fait valoir qu’il était préférable d’imposer à l’accusé une peine avec sursis pour lui permettre de « travailler sur lui-même » au lieu de l’incarcérer et qu’il ressorte sans « outils et recommence ». La défense a relevé que l’homme de 30 ans avait admis son problème pour la première fois, alors qu’il blâmait ses victimes dans le passé.

Nouvelle mise en garde

Le juge a alors entériné la suggestion commune des avocats. Rosenthal Jr Dorleans doit donc rester chez lui 24 heures sur 24 pendant neuf mois, sauf pour travailler ou pour quelques exceptions. Il lui est interdit, pendant sa peine et sa probation de deux ans, d’utiliser les transports en commun, sauf en présence de sa mère.

Le juge a bien prévenu le jeune homme que s’il ne respectait pas ses conditions, il serait incarcéré pendant le reste de sa peine. « Faites le nécessaire. Je souhaite vraiment que vous ne reveniez pas devant moi », a conclu le juge Mascia.