Les élèves et le personnel de l’École secondaire Massey-Vanier, à Cowansville ont passé une matinée riche en émotions, barricadés à l’intérieur de l’établissement mis en confinement pour leur propre sécurité.

Mayssa Ferah Mayssa Ferah
La Presse

Jeudi matin, la Sûreté du Québec (SQ) avait des raisons de croire que la sécurité des adolescents qui fréquentent l’école était compromise. Des informations venues aux oreilles des agents pointaient vers une menace. Une opération a donc été enclenchée de façon préventive.

À 8 h 55, le personnel a avisé les élèves d’un « Code bleu ». À 9 h, tous se trouvaient dans leurs classes aux rideaux fermés, sous leurs pupitres. Au cours de leurs recherches exhaustives, les forces policières n’ont détecté aucune arme à feu dans le périmètre de l’école.

La Sûreté du Québec (SQ) a toutefois interpellé trois individus. Aucun n’était armé. Le trio serait lié à la menace qui a provoqué le confinement de l’établissement scolaire bilingue. La SQ ne s’avance pas sur l’identité des personnes, mais confirme que deux d’entre eux sont des élèves de l’école. L’autre jeune interrogé se trouvait à l’extérieur du périmètre de l’école jeudi matin. On ignore pour le moment si des accusations seront portées contre eux. L’enquête permettra de déterminer la nature exacte de la menace.

Un peu plus de deux heures plus tard, à 11 h 20, le confinement a finalement été levé. L’événement n’a fait aucun blessé et la sécurité des étudiants n’a jamais été menacée tout au long de l’opération. Il s’agissait d’une mesure préventive, a répété Aurélie Guindon, porte-parole pour la SQ. « Les services professionnels prendront en charge les élèves et les membres du personnel qui auront besoin de support », a écrit la Commission scolaire Val-des-Cerfs sur sa page Facebook, lorsque la situation s’est rétablie.

Matinée stressante

L’alerte a surtout fait peur aux parents. Ils détenaient peu de détails sur la situation et aucune sur la nature de la menace. Ils étaient tenus de ne pas s’approcher de l’école. Beaucoup s’y sont tout de même rendus.

« On va prendre l’après-midi pour décompresser », a soupiré une femme venue récupérer ses trois enfants qui fréquentent l’école. Sa fille a trouvé le temps long, enfermée entre quatre murs, recroquevillée sous un pupitre, avec peu d’information. « Au début on paniquait un peu, mais après une heure plus personne autour de moi n’avait vraiment peur. On se posait toutes sortes de questions. On nous a dit qu’il y avait un code bleu en cours, on a attendu. Il y a tellement d’histoires qui circulent à propos de ce qui s’est passé. »

Il y a eu plus de peur que de mal, a affirmé un membre du personnel de l’établissement scolaire qui se trouvait sur place. Il n’était pas autorisé s’adresser aux médias. Il a toutefois assuré à La Presse que « malgré le chaos », la journée de cours allait se poursuivre normalement. « Nous ne savons presque rien sur ce qui a motivé l’intervention de ce matin. Heureusement, tout va pour le mieux », a-t-il conclu.

Malgré tout, une centaine d’élèves présents à l’entrée principale du bâtiment étaient bien pressées de quitter les lieux. Ils paraissaient ébranlés, après une matinée plutôt stressante. Ceux qui attendaient leur famille avaient des discussions animées. « Mon père était inquiet. Il a décidé qu’il allait m’acheter un cellulaire », a dit cet élève de deuxième secondaire, impatient de rentrer chez lui.

PHOTO DAVID BOILY, LA PRESSE