Alors qu’il enseignait l’éducation physique au Collège Stanislas, une école privée de Montréal, Denis Tiffou consommait compulsivement de la pornographie juvénile. C’est même ce qu’il faisait au moment de son arrestation, l’an dernier. L’enseignant déchu a récemment été condamné à 10 mois de prison.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Les policiers ont retrouvé pas moins de 28 000 images et 2800 vidéos de pornographie juvénile dans son ordinateur. Le matériel présentait des garçons âgés de 5 à 14 ans qui se livraient à « des actes sexuels entre eux ou avec des adultes », selon le résumé des faits présenté en cour.

L’homme de 51 ans a plaidé coupable le mois dernier à une accusation de possession de pornographie juvénile effectuée par voie sommaire – donc moins grave que par acte criminel. La Couronne a laissé tomber les trois autres chefs pour avoir accédé à de la pornographie juvénile et l’avoir partagée en 2017 et en 2018, à la suite de sa reconnaissance de culpabilité.

« Son parcours était impeccable. C’est un peu particulier comme histoire parce que nous avions affaire à un individu qui, le jour, était honorable à tout égard, et la nuit s’adonnait à l’acte criminel. Il le faisait de façon très compulsive », a expliqué son avocat, Me Jacklin Turcot, le 27 novembre dernier.

Thérapie et formation professionnelle

Denis Tiffou a immédiatement confessé son crime aux policiers et leur a même montré exactement où trouver son matériel dans l’ordinateur, a souligné son avocat. « Il a agi comme s’il les attendait depuis longtemps, a dit son avocat. Il était aux prises avec une espèce de compulsion malsaine, mais il était ô combien conscient à quel point c’était problématique et profondément troublant », a-t-il ajouté.

Après avoir atteint le fond du baril à la suite de son arrestation, le Montréalais s’est repris en main en participant à une quarantaine de séances de thérapie et en suivant une formation professionnelle. Selon son psychiatre, il a un désir « sincère » de changer et a « beaucoup de potentiel de réadaptation », a relevé la juge Marie-Josée Di Lallo.

Celle-ci a entériné la suggestion commune de parties et a imposé à Denis Tiffou une peine de 10 mois de détention ferme, suivie d’une probation de 1 an. Il lui sera alors interdit d’accéder à l’internet. Il sera également inscrit pendant 10 ans au Registre des délinquants sexuels.

« Il ne faut jamais oublier que derrière toutes ces images, ce sont de vrais enfants. Et ces vrais enfants sont répartis dans le monde et tous sont des victimes. La société se doit de les protéger et sévir à l’égard de ceux qui commettent ce genre de crimes », a conclu la juge Di Lallo.