(Montréal) La Cour d’appel du Québec vient de casser le verdict de culpabilité d’une ex-éducatrice en garderie reconnue coupable d’avoir gravement blessé un bébé d’un an en 2012.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

Le plus haut tribunal de la province ordonne ainsi un nouveau procès pour Véronique Lalonde.

La femme de la Montérégie avait été reconnue coupable en 2016 de voies de fait graves par le juge Serge Champoux de la Cour du Québec. Elle avait reçu une peine de deux ans de prison.

Le juge Champoux, se basant sur la preuve d’experts, avait conclu hors de tout doute raisonnable que l’enfant, à un moment ou à un autre, avait été victime d’un traumatisme craniocérébral non accidentel, communément appelé « syndrome du bébé secoué », relate la Cour d’appel dans son jugement publié mercredi.

Toutefois, le juge devait encore se demander si l’éducatrice avait eu l’opportunité exclusive de poser les gestes de violence reprochés dans l’acte d’accusation, ajoute-t-elle.

Pour les experts de la poursuite, le trauma subi par l’enfant a eu lieu dans les instants précédant l’apparition des symptômes, de sorte que cette conclusion mettait la culpabilité sur les épaules de Mme Lalonde, qui avait alors la garde du poupon, le 2 avril 2012.

Mais une autre hypothèse a été avancée en défense par l’entremise du docteur Crevier, un neurochirurgien pédiatrique avec une surspécialité en épilepsie infantile. Cet expert est d’ailleurs celui qui a prodigué les premiers soins à l’enfant lors de son arrivée à l’hôpital. Pour lui, les manifestations constatées chez l’enfant lors de cette journée sont plutôt compatibles avec des convulsions associées à une crise d’épilepsie provoquée par un traumatisme survenu quelques jours avant le 2 avril (entre deux et dix jours), alors que l’enfant était sous la garde exclusive, soit de sa mère, de son père ou encore de sa grand-mère.

La Cour d’appel estime que le raisonnement adopté par le juge pour conclure à la culpabilité de l’éducatrice est erroné. Il ne s’est pas non plus interrogé sur un élément important de la défense susceptible de soulever un tel doute, en l’occurrence l’hypothèse du docteur Crevier concernant l’origine de la crise d’épilepsie, écrit la Cour.

Mais elle ne prononce pas l’acquittement de Véronique Lalonde « puisque la preuve correctement analysée par un juge, pourrait être suffisante pour entraîner sa culpabilité ». Un autre procès est ainsi ordonné.