Sami Bebawi, l’ancien vice-président directeur de SNC-Lavalin accusé de fraude et corruption en lien avec les affaires de l’entreprise en Libye, ne fera pas entendre de témoins à son procès.

Vincent Larouche Vincent Larouche
La Presse

« M. Bebawi ne présentera pas de défense », a annoncé son avocate, Me Annie Émond, devant les membres du jury mardi après-midi.  L’équipe de M. Bebawi a pris cette décision après la fin de la présentation de la preuve de la couronne.

L’ancien cadre de SNC-Lavalin est accusé d’avoir participé au versement de pots-de-vin à Saadi Kadhafi, fils du dictateur libyen Mouammar Kadhafi, en échange d’une aide pour les projets de l’entreprise québécoise en Libye. Selon la poursuite, il aurait aussi empoché des millions de dollars au passage, qui étaient prélevés sur les sommes versées par SNC-Lavalin et ont fini dans son compte personnel.

Témoin vedette

Le témoin vedette de la couronne était un ancien subalterne de Sami Bebawi chez SNC-Lavalin, Riadh Ben Aissa. Ce dernier, qui a fait de la prison en Suisse pour des faits similaires et s’est ensuite engagé à collaborer avec la justice canadienne, a reconnu avoir lui-même participé au versement de millions de dollars à Saadi Kadhafi. Il a dit avoir eu le feu vert de son supérieur et s’être arrangé avec lui pour se garder quelques millions chacun à titre de bonus.

Plusieurs anciens cadres de SNC-Lavalin, deux policiers, une juricomptable et un professeur d’université spécialiste de la Libye ont aussi témoigné pour la couronne.

Depuis le début du procès, certains témoins ont été longuement contre-interrogés par Me Annie Émond et Alexandre Bien-Aimé, les deux avocats de Sami Bebawi. Les deux criminalistes ont posé plusieurs questions pour tenter de cerner qui était au courant de quoi chez SNC-Lavalin, mis à part leur client.

Approuvé par le PDG

Par exemple, selon le témoin vedette Riadh Ben Aissa, l’ancien PDG de l’entreprise Jacques Lamarre aurait lui-même approuvé l’achat d’un yacht de 25 millions pour Saadi Kadhafi.

Sami Bebawi, qui n’a pas témoigné à son procès, a fait une déclaration allant dans le même sans lors d’une conversation avec un policier qui a été relatée en cour.

« Crisse, il le savait, il l’a approuvé », avait-il dit au sujet de Jacques Lamarre et de l’achat du bateau.

Les deux parties présenteront leurs plaidoiries d’ici la semaine prochaine et le jury sera ensuite séquestré pour délibérer.