Il a violemment agressé sexuellement cinq inconnues, a tué un homme en lui roulant sur le corps, a récidivé toute sa vie « sans accalmie ». Le prédateur sexuel Stéphane Papillon risque maintenant de passer le reste de ses jours derrière les barreaux. Il a été déclaré délinquant dangereux et condamné à une peine de durée indéterminée, fait rarissime.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

« Ses pulsions sexuelles le rendent incontrôlable. […] Le public doit être protégé », a tranché la juge Anne-Marie Lanctôt en imposant à l’homme de 50 ans l’étiquette réservée aux pires criminels, il y a quelques semaines, au palais de justice de Montréal.

Violent, impulsif, sadique : Stéphane Papillon présente un risque « très élevé » de récidive. Il était d’ailleurs sous le coup d’une très stricte surveillance lorsqu’il a perpétré une sordide agression sexuelle en mai 2016, quelques semaines seulement après sa sortie de prison. Un psychologue avait pourtant conclu en 2014 que Papillon allait « fort » probablement commettre un nouveau crime violent pendant sa période de surveillance de longue durée.

La plus récente victime du prédateur est une travailleuse du sexe du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Au moment de payer, il sort un couteau, lance la femme au sol et lui assène une série de coups de poing au visage. Il lui plaque la tête au sol et met sa main pour l’empêcher de respirer jusqu’à lui faire perdre conscience. Il en profite pour la violer alors qu’elle est inerte. Une agression « particulièrement troublant[e] », selon la juge.

« Impulsif, opportuniste et prédateur »

Stéphane Papillon minimise ses gestes et va même jusqu’à les justifier. Il explique que la victime « exagère » l’agression et qu’il a payé pour une relation sexuelle. Il nie avoir des idées sexuelles déviantes, mais des tests montrent un intérêt marqué pour les situations de viols de femmes adultes.

« L’accusé commet des agressions de femmes adultes, cinq femmes jusqu’à maintenant, en suivant un même pattern : il aborde des femmes inconnues et les agresse rapidement en usant de violence physique », résume la juge Lanctôt. Ses victimes étaient âgées de 20 à 61 ans.

Son comportement est décrit comme étant « particulièrement impulsif, opportuniste et prédateur », dans une décision de 2016 de la Commission des libérations conditionnelles du Canada.

Vous agissez de façon impulsive et avez recours à une violence gratuite. De tels gestes ont occasionné des conséquences physiques et psychologiques graves aux victimes

La Commission des libérations conditionnelles du Canada dans une décision au sujet de Stéphane Papillon, en 2016

Déjà, en 1997, il était décrit dans La Presse comme un homme « dangereux et violent ». En liberté sous conditions pour agression sexuelle, il avait été arrêté pour avoir sévèrement battu et agressé sexuellement une sexagénaire dans sa résidence. En 1986, il avait été condamné pour un homicide involontaire. Alors qu’il était autostoppeur, Stéphane Papillon avait poussé le chauffeur et lui avait roulé dessus en voiture, parce que ce dernier avait posé la main sur sa cuisse.

Me Louise Blais représentait le ministère public, alors que Me Steve Hanafi défendait l’accusé.