Sergio Piccirilli, un individu considéré par la police comme étant proche des motards et de la mafia, a été victime d’une tentative de meurtre par empoisonnement, le 4 octobre dernier, au pénitencier de Drummondville, a appris La Presse.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Rejoint par La Presse, l’inspecteur-chef Guy Lapointe de la Sûreté du Québec a confirmé que la police provinciale enquêtait sur une affaire de tentative de meurtre au pénitencier mais s’est refusé à tout autre commentaire, pour ne pas nuire à l’enquête. Les enquêteurs de la SQ n’écartent aucune hypothèse.

Selon nos informations, Piccirilli, surnommé Grizzly, a subi un malaise et il a été amené à l’hôpital où les autorités ont constaté qu’il aurait consommé des substances indéterminées à son insu.

À l’été 2013, un chef de clan rebelle de la mafia montréalaise, Giuseppe de Vito, est mort empoisonné au pénitencier de Donnacona après avoir ingurgité du cyanure qui avait été versé dans un smoothie qu’il venait de consommer.

Il y a quelques jours, la Cour d’appel a refusé de casser la peine de Piccirilli, 59 ans, qui purge depuis janvier 2016 une sentence de 15 ans de pénitencier pour gangstérisme, complot, trafic de drogue et possession d’armes. Sa comparution en janvier 2016 s’était déroulée sous haute surveillance policière alors que Piccirilli avait été avisé qu’il y avait un contrat sur sa tête peu de temps auparavant.

Piccirilli a été arrêté pour les accusations pour lesquelles il purge sa peine actuelle en 2006, à l’issue d’une enquête baptisée Cléopâtre, menée par l’Unité mixte d’enquête sur le crime organisé autochtone (UMECO-A) de la Gendarmerie royale du Canada.

En 2005-2006, Sergio Piccirilli s’était retrouvé au centre d’un conflit qui avait failli dégénérer en guerre ouverte entre les clans Rizzuto et D’Amico de la mafia au sujet d’une affaire d’exportation de marijuana évaluée à 9 millions de dollars.

À l’époque, un enquêteur de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Joe Tomeo l’avait alors avisé que sa vie était en danger et avait demandé à Piccirilli ce qu’il pouvait faire pour l’aider. « Envoie moi des fleurs », avait répondu Piccirilli, qui s’était ensuite procuré une mitraillette, pour sa protection, s’est-il toujours défendu.

Les enquêteurs de l’UMECO de la GRC, qui menaient alors l’enquête Colisée, ont vu Piccirilli entrer dans l’ancien quartier général des Siciliens, pour passer un message, et ont observé plusieurs véhicules occupés par des individus supposément lourdement armés circuler dans le stationnement du Consenza, sur la rue Jarry, dans Saint-Léonard.

C’est dans le contexte de ce conflit qu’un trafiquant de marijuana lié à la mafia a été enlevé le soir de l’Halloween 2005, alors qu’il donnait des bonbons aux enfants, chez lui, dans le quartier Ahuntsic et qu’il avait ensuite été filmé par ses ravisseurs demandant aux Siciliens de payer leur dette, sans quoi il y aurait des veuves et des orphelins.

Piccirilli, qui aurait déjà fait partie des unités spéciales des Forces armées canadiennes, est un ami de jeunesse du Hells Angels Salvatore Cazzetta.

Il est le fondateur d’une section aujourd’hui disparue des Devils Ghosts, club école des Hells Angels, qui avait été parrainée par Cazzetta.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à
drenaud@lapresse.ca ou écrivez à L’adresse postale de La Presse.