Une ex-employée d’un centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de l’est de Montréal fait face à des accusations criminelles pour avoir fraudé plus de 300 résidants, dont des patients sous curatelle publique. Pendant trois ans, Stéphanie Racette aurait dérobé plus de 100 000 $ à des personnes vulnérables à coups de petites sommes.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

La Montréalaise de 36 ans est accusée de fraude de plus de 5000 $, de faux et d’emploi ou possession d’un document contrefait pour des évènements survenus entre le 1er février 2012 et le 20 mai 2015 à Montréal. Ses victimes sont des « patients sous curatelle publique et autres résidants du CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal », selon la sommation déposée le 29 octobre au palais de justice de Montréal.

L’ex-adjointe administrative est accusée d’avoir fait de faux documents, soit des « inscriptions aux registres comptables, des comptes usagers et des pièces justificatives avec l’intention qu’ils soient employés » à l’encontre de patients de l’établissement de soins de santé. Elle doit comparaître en décembre au palais de justice de Montréal.

L’affaire avait fait la manchette en juillet 2015. Dans le contexte de la réforme Barrette des fusions de structures dans le milieu de la santé, des anomalies ont été repérées dans les livres du CHSLD Jeanne-Le Ber. Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal avait alors découvert des « opérations irrégulières » dans les comptes de 334 patients ou anciens patients de l’établissement de la rue Hochelaga à la suite d’une enquête interne.

Pas moins de 127 084 $ avaient été prélevés des comptes des patients par l’employée, avait annoncé le CIUSSS dans un communiqué. L’employée avait été congédiée immédiatement et les victimes avaient été jointes par l’établissement afin d’être remboursées. Le nom du fautif n’avait toutefois pas été révélé.

« Les transactions ont commencé très doucement, à coup de 10 $, 12 $. Ce n’est qu’à la fin mai qu’une pièce justificative douteuse a éveillé des soupçons chez un supérieur », avait expliqué au Devoir la présidente-directrice générale adjointe du CIUSSS de l’époque, Denise Fortin, en 2015.

Depuis, le CIUSSS soutient avoir révisé les processus comptables concernant la gestion des comptes des patients et avoir mis en place de meilleurs mécanismes de contrôle. Le CIUSSS de l’Est-de-l’Île-de-Montréal n’a pu commenter davantage lundi pour ne pas interférer avec le processus judiciaire et nous a dirigé vers le communiqué publié il y a quatre ans.