En raison de son absence de progrès et de son soutien indéfectible envers les Hells Angels, Kenny Maheu, fils du membre de la section South Stéphane Maheu, n’a pas réussi à convaincre les commissaires de lui accorder sa libération conditionnelle totale ou de l’envoyer en maison de transition.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

Maheu, 29 ans, purge depuis septembre 2018 une peine de deux ans et cinq mois pour complot et trafic de stupéfiants.

Kenny Maheu a été arrêté au printemps 2018 dans une importante enquête baptisée Objection et par laquelle les enquêteurs de l’Escouade nationale de répression du crime organisé ont démantelé trois réseaux de trafiquants de stupéfiants liés aux Hells Angels.

Maheu a été impliqué dans le trafic de cocaïne et de méthamphétamine d’octobre 2017 à février 2018, a géré un territoire et a participé à des réunions sur la gestion du trafic. Il était à l’extérieur du pays au moment du ratissage policier, il s’est livré dans les jours suivants et a rapidement plaidé coupable aux chefs déposés contre lui, comme la grande majorité des accusés du projet Objection d’ailleurs.

Dès son adolescence

Devant les commissaires aux libérations conditionnelles, Maheu a dit qu’il a commencé à s’impliquer dans le réseau durant l’été 2017, pour s’acquitter de dettes personnelles.

Les commissaires soulignent que dès son adolescence, Maheu a été impliqué dans des bagarres et des gestes de violence envers le personnel de son école.

Entre 19 et 23 ans, il a été impliqué dans des affaires d’agression armée, voies de fait graves, agression causant des lésions corporelles, voies de fait et menaces.

En mars 2015, Kenny Maheu a écopé d’une première peine fédérale de 27 mois pour des accusations liées aux stupéfiants et à la possession d’une arme.

« Dès son jeune âge, il a été initié au milieu des motards criminels par son père, il a toujours un statut d’associé actif avec cette organisation et lui-même ne le nie pas », notent les commissaires aux libérations conditionnelles.

« Vous entretenez des relations avec des détenus reliés aux Hells Angels et vous participez aux activités organisées par ceux-ci. Vous ne semblez pas remettre votre affiliation en question, ce qui est une autre source de préoccupation pour les autorités carcérales. L’adhésion à ce groupe demeure totale », ajoutent-ils plus loin.

Les commissaires ont refusé à Maheu une libération conditionnelle totale ou en maison de transition, mais puisqu’il sera libéré d’office aux deux tiers de sa peine en avril prochain, ils lui imposent déjà de sévères conditions.

Il lui sera interdit de consommer drogue et alcool, de fréquenter les débits de boisson ou toute personne ayant des antécédents judiciaires ou étant lié à une organisation criminelle. Il devra respecter un couvre-feu, chercher et conserver un emploi, divulguer toutes ses transactions financières et ne pas posséder plus d’un téléphone cellulaire.

Son père Stéphane Maheu purge toujours depuis octobre 2018 une peine de six ans pour gangstérisme et trafic de stupéfiants à la suite de son arrestation dans le projet Objection.

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