Dix-neuf ans après les faits, un homme de 35 ans a plaidé coupable mercredi du meurtre d’une adolescente autochtone de la communauté algonquine de Lac-Rapide, en Outaouais.

Gabrielle Duchaine Gabrielle Duchaine
La Presse

Le corps inerte de Rosiana Poucachiche, 17 ans, a été découvert dans son lit, le matin du 10 octobre 2000, dans la maison qu’elle habitait avec son père. Selon le coroner, elle avait été battue à mort.

Comme son assassin était mineur au moment des faits (il avait seize ans et demi), la loi nous interdit de le nommer. Il n’est pas membre de la famille de la victime.

« Enfin, on va pouvoir tourner la page », a déclaré jeudi la sœur de la victime, Marylynn Poucachiche.

Dans un reportage publié en 2016, La Presse avait raconté la détresse de la famille Poucachiche, qui attendait toujours que justice soit rendue. « L’enquête est morte avec ma sœur », croyait alors Marylynn.

Le coupable soupçonné depuis longtemps

Tant la famille que la police soupçonnaient depuis longtemps l’auteur du crime, lui aussi membre de la communauté de Lac-Rapide. « Ce ne sont que des spéculations, mais ça me fait mal. Il habite ici. Je le croise », avait confié Marylynn à l’époque.

Il aura finalement fallu 17 ans à la police pour mettre la main au collet du meurtrier. Il s’était retrouvé dans la ligne de mire des enquêteurs de la Sûreté du Québec dès les mois ayant suivi le meurtre – son domicile avait fait l’objet d’une perquisition –, mais les analyses réalisées à l’époque n’avaient pas permis de le relier au meurtre. Ce sont des avancées technologiques concernant l’analyse d’ADN qui ont mené à son arrestation, en juillet 2017. Il se trouvait alors dans une pourvoirie et avait tenté de prendre la fuite en voyant les policiers.

Il a plaidé coupable jeudi de meurtre au premier degré, acceptant l’offre des procureurs de la Couronne, soit une peine de 10 ans, 6 en détention et 4 à purger dans la collectivité. Il s’agit de la peine maximale pour un tel crime en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents.

Son avocate, Me Élise Pinsonneault, explique qu’en évitant un procès, son client s’assure de ne pas être jugé comme un adulte, comme le demande parfois la Couronne quand des mineurs sont accusés de crimes très graves. Chez les adultes, la peine automatique pour une personne reconnue coupable de meurtre au premier degré est la prison à vie, sans possibilité de libération avant 25 ans.

> Relisez notre dossier sur le meurtre de Rosiana Poucachiche