Gilbert Rozon a renoncé mercredi matin à la tenue de son enquête préliminaire au palais de justice de Montréal. L’ancien grand patron du festival Juste pour rire est donc cité à procès sur deux chefs d’accusation de viol et d’attentat à la pudeur.  

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

L’enquête préliminaire de Gilbert Rozon devait s’amorcer mardi prochain avec le témoignage de la plaignante. Celle-ci n’aura donc pas à témoigner avant le procès qui devrait avoir lieu l’an prochain. L’avocat de la défense, Me Pierre Poupart, a maintenu la décision de son client d’être jugé par un juge et un jury.

Le procureur de la Couronne, Me Bruno Ménard, a demandé au juge Carol Richer d’amender les chefs d’accusation portés contre Gilbert Rozon. « L’accusé était visé par deux chefs qui s’étaient déroulés en 1979. À la suite de nouveaux renseignements qu’on a reçus, on a demandé que la date d’accusation soit plutôt 1980, ce qui était plus conforme à la preuve », a expliqué Me Ménard en mêlée de presse.  

Les faits se seraient ainsi produits entre le 1er juin et le 21 septembre 1980 à Saint-Sauveur, alors que Gilbert Rozon avait 25 ans. L’homme de 65 ans n’a pas répondu aux questions des journalistes à la suite de la brève audience.  

Malgré les nombreuses dénonciations publiques à l’endroit du célèbre producteur, seule une plainte a été retenue par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP). Les plaintes d’une douzaine de plaignantes ont été rejetées.  

Néanmoins, la Cour supérieure du Québec a autorisé une action collective du groupe de victimes Les Courageuses. Toutes les personnes agressées et/ou harcelées sexuellement par Gilbert Rozon peuvent ainsi réclamer des dommages contre ce dernier. Gilbert Rozon a toutefois interjeté appel de la décision. L’affaire est maintenant entre les mains de la Cour d’appel du Québec.