(Montréal) Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) n’ira pas devant la Cour suprême dans l’affaire Bertrand Charest, cet ex-entraîneur de ski reconnu coupable de divers crimes sexuels commis sur de jeunes skieuses, dont des mineures, dans les années 1990.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

L’homme avait été condamné sur 37 chefs d’accusation en 2017 et la Cour du Québec lui avait infligé une peine de prison de 12 ans.

Bertrand Charest, maintenant âgé de 54 ans, en avait appelé de ces jugements. En août dernier, la Cour d’appel avait fait tomber 21 des 37 chefs d’accusation et réduit sa peine de 21 mois.

Le DPCP a décidé de ne pas demander à la Cour suprême la permission d’en appeler de ce jugement, a indiqué mercredi son porte-parole, Me Jean Pascal Boucher.

L’arrêt de la Cour d’appel écarte la possibilité d’un nouveau procès, évitant ainsi aux victimes de devoir témoigner à nouveau. Et puis, la peine imposée à Bertrand Charest est déjà importante, soit plus de 10 ans, a expliqué Me Boucher.

Bertrand Charest avait décidé plus tôt ce mois-ci de ne pas en appeler non plus du jugement de la Cour d’appel.

Le juge Sylvain Lépine de la Cour du Québec, qui a entendu l’affaire en 2017, avait alors qualifié ses gestes d’« inexcusables » et de « criminels ». Charest avait notamment eu des relations sexuelles complètes avec certaines des adolescentes, alors qu’il était en position d’autorité sur elles. L’une d’entre elles est devenue enceinte et Charest l’avait amenée se faire avorter.

« L’accusé a agi comme un véritable prédateur, tissant sa toile soigneusement pour y attirer des jeunes femmes, adolescentes, et exercer sur elles un ascendant total », écrivait dans son jugement le juge Lépine. « Sa recherche du plaisir sexuel n’avait aucune limite, alors qu’il était en situation d’autorité sur ces jeunes espoirs canadiennes du ski de compétition. »