Un proche des Hells Angels, Gaétan Sévigny, a été tué de plusieurs projectiles d’armes à feu jeudi matin, sur le terrain de sa résidence de Terrebonne, sur la couronne nord de Montréal.

Daniel Renaud Daniel Renaud
La Presse

C’est vers 10 h 15 que les policiers de Terrebonne ont été appelés à intervenir à l’extérieur de la maison, située sur la rue du Général.  

Sur les lieux, les agents ont constaté qu’un homme gisait, atteint par au moins un projectile d’arme à feu. L’homme a été transporté à l’hôpital, où son décès a été constaté.  

En juin 2019, Sévigny avait été condamné à une peine de cinq ans et quatre mois pour gangstérisme, complot et trafic de cocaïne, à la suite de son arrestation dans le projet Magot-Mastiff par lequel la police a démantelé un réseau de trafiquants de stupéfiants qui opéraient dans l’est de Montréal et décapité une alliance mafia-motard-gangs qui dirigeait le crime organisé montréalais. Mais en soustrayant la détention préventive, il ne lui était alors resté que deux jours de prison à purger.  

Selon le témoin repenti Patrick Corbeil, la preuve amassée durant l’enquête et un résumé des faits déposé en cour, Sévigny aurait eu son propre réseau de trafic de stupéfiants sur le territoire d’Hochelaga-Maisonneuve et aurait versé une taxe de 4000 $ par mois aux responsables pour pouvoir opérer dans ce secteur.  

Avec les anciens Rockers

Sévigny a été propriétaire d’une compagnie de remorquage à Montréal et était considéré par la police comme une relation des Hells Angels.  

En 2006, il a été arrêté dans l’opération Fusion visant un réseau qui importait de la cocaïne pour ensuite la distribuer dans des secteurs situés entre Montréal et les limites de Lanaudière. Parmi les accusés, on retrouvait notamment d’anciens Rock Machine devenus Hells Angels, Stéphane Trudel et André Sauvageau, ce dernier ayant également été arrêté dans l’enquête Magot-Mastiff et étant mort d’un cancer au printemps dernier.  

Sévigny avait été condamné à cinq ans et huit mois pour gangstérisme, complot et trafic de stupéfiants dans la foulée de l’enquête Fusion.  

Puisque le meurtre de Gaétan Sévigny serait relié au crime organisé, l’enquête a été confiée aux enquêteurs des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec, qui travaillent en collaboration avec les policiers de Terrebonne.  

L’une des principales hypothèses que les enquêteurs examineront vraisemblablement est une purge interne.  Selon des sources, Sévigny, qui est sorti de prison en mai après trois ans et demi, aurait voulu reprendre ses routes de stupéfiants. D’autres informations indiquent qu’il aurait voulu collecter des gens pour de forts montants. Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées par la police.

Sévigny était également très proche d’anciens membres des Rockers de Montréal, un défunt club école des Hells Angels étrillé dans l’opération Printemps 2001. Au cours des dernières années, au moins trois anciens membres des Rockers ont été tués ou victimes d’une tentative de meurtre à la suite de ce qui semble être des différends à l’interne.

Pour joindre Daniel Renaud, composez-le (514) 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l’adresse postale de La Presse.