Accusé d’avoir tué sa fiancée de 22 ans et mutilé son corps à l’été 2015, Nicholas Fontanelli a plaidé coupable pour meurtre au second degré et outrage à un cadavre cet après-midi au palais de justice de Montréal.

Raphaël Pirro Raphaël Pirro
La Presse

Nicholas Fontanelli a reconnu sa culpabilité quatre semaines avant ce qui devait être le début de son procès devant jury. Celui-ci n'aura finalement pas lieu, à la plus grande satisfaction de la famille de la victime, qui évite ce laborieux procès de six semaines où, encore et encore, les faits auraient été répétés et évalués dans les moindres détails. 

«La famille est soulagée, a indiqué le procureur Louis Bouthiller. Ils sont contents de pouvoir passer à autre chose.»

Les observations sur la peine se tiendront le 22 octobre prochain, où la famille de la victime pourra témoigner de l’impact qu’a eu toute cette affaire dans leur vie. Les deux parties plaideront devant le juge la peine à imposer à l'accusé.

Au sortir de la salle d’audience, la mère de Samantha Higgins était inconsolable. Elle n’a pas voulu commenter, préférant avertir les journalistes que le moment n’était pas encore venu pour débonder son cœur sur la perte dramatique de sa jeune fille.

Les parties se sont entendues sur une version des faits, dont les menus détails sont trop graphiques pour être rapportés tels quels.  Ceux-ci ont certainement de quoi marquer les esprits à l’encre indélébile.  

Un meurtre 

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Nicholas Fontanelli et Samantha Higgins.

Nicholas Fontanelli et Samantha Higgins vivaient dans le même appartement de LaSalle, avec leurs deux enfants.

Le soir du 6 juillet 2015, la jeune femme est allée passer la soirée chez son amie, avant de revenir chez elle peu après minuit. Vers 1h45, en réponse à un texto de ladite amie à savoir si Samantha était bien arrivée chez elle, l’amie reçoit un message comme quoi elle était bel et bien rentrée en toute sécurité.

La même nuit, Nicholas Fontanelli indique à sa demi-sœur par téléphone qu’il a étranglé la victime dans leur appartement de LaSalle. L’accusé mutile le corps et, le lendemain, porte la moitié de celui-ci dans une rivière de Hinchinbrooke, en Montérégie, à quelques kilomètres de la frontière américaine.

Le soir même, il se présente au poste de police, accompagné de la mère de la victime, pour annoncer la disparition de la jeune femme, plus de 20 heures après le meurtre. Peu après, Nicholas Fontanelli livre également une courte entrevue à la CBC, dans laquelle il pleure à chaudes larmes en réclamant le retour de sa fiancée. Dans la vidéo, il tient même une photo à l’effigie de celle-ci dans les mains, avec le mot «Missing» dans l’en-tête.

Mais le 9 juillet, des fermiers de Hinchinbrooke découvrent une partie du corps de Samantha Higgins. Les policiers mettent le grappin sur Fontanelli le lendemain, et ce dernier les mène vers l’autre partie corps, déposée deux kilomètres plus loin. Le jeune homme n’est plus en liberté depuis ce jour.

L’éternel procès

Le déroulement de l’histoire a été marqué par une série de délais, qui auront eu comme effet d’éterniser le processus judiciaire, aux dépens de l’entourage de la jeune femme. C’est donc plus de quatre ans après le meurtre de la jeune Samantha Higgins que se fermera finalement le dossier.

Le juge James Brunton a offert des excuses bien senties à la famille pour la lenteur du processus. «Je promets de procéder le plus rapidement possible à partir d’aujourd’hui, a prononcé le juge, avant de mettre fin à la séance. Je vous promets qu’il n’y aura plus de délais. J’espère que vous accepterez nos plus sincères excuses, de la part de la Cour supérieure.»

En plaidant coupable pour les deux chefs d’accusation, Nicholas Fontanelli s’expose à la prison à vie, avec une possibilité de libération conditionnelle au minimum après 10 ans, et à 25 ans tout au plus.