(Saint-Jérôme) Les innombrables traces de sang retrouvées dans la maison d’Ugo Fredette n’appartiennent qu’à une seule et même personne : Véronique Barbe, poignardée à 17 reprises, il y a deux ans. Aucune goutte de sang de son conjoint Ugo Fredette n’a été décelée sur la scène de crime, a indiqué vendredi un témoin expert.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Au dixième jour du procès d’Ugo Fredette pour les meurtres au premier degré de Véronique Barbe et Yvon Lacasse, le jury a regardé vendredi des dizaines de photos de la scène de crime de Saint-Eustache. La biologiste judiciaire Sonia Roy a minutieusement détaillé la moindre trace de sang découverte dans la maison des Barbe-Fredette.

L’experte, qui a déjà travaillé dans les décombres de Lac-Mégantic pour identifier des victimes de l’accident ferroviaire, est sans équivoque : tous les échantillons de sang prélevés sur la scène appartiennent à Véronique Barbe.  

Des traces de sang de la victime ont été retrouvées sur le balcon arrière de la résidence, ainsi que sur une lame de couteau découverte sous le balcon. Deux témoins ont témoigné avoir vu Véronique Barbe et Ugo Fredette sur le balcon quelques minutes avant que le corps de la victime soit retrouvé par des policiers. Un second couteau souillé par le sang de Véronique Barbe se trouvait également dans l’évier de la cuisine.  

PHOTO DÉPOSÉE EN COUR

Un second couteau souillé par le sang de Véronique Barbe se trouvait dans l’évier de la cuisine.  

Plus tôt cette semaine, le Dr André Bourgault a témoigné que Véronique Barbe avait été poignardée à 17 reprises. Son corps portait 14 plaies au thorax, dont plusieurs ont atteint l’aorte, et une coupure profonde près de l’œil gauche. Deux plaies au majeur gauche de la victime pourraient être une plaie de défense, selon le pathologiste judiciaire.

Du sang de la seconde victime, Yvon Lacasse, a été prélevé à la halte routière de Lachute, a conclu la biologiste judiciaire Sonia Roy. C’est là qu’Ugo Fredette aurait tué Yvon Lacasse pour lui voler son véhicule, une heure après avoir tué sa conjointe. Il a été arrêté le lendemain en Ontario alors qu’il conduisait le Honda CR-V d’Yvon Lacasse  

L’homme de 71 ans est mort d’un « traumatisme facial contondant sévère » causé avant sa mort, a conclu le pathologiste judiciaire. Selon une hypothèse de l’expert, Yvon Lacasse a pu se faire « écraser le visage contre le sol ». Son corps a été retrouvé dans un boisé dans les Laurentides.

La juge Myriam Lachance a informé le jury en matinée que la preuve de la Couronne pourrait se conclure en début de semaine prochaine. Ainsi, l’avocat d’Ugo Fredette, Me Louis-Alexandre Martin, pourrait amorcer sa défense dès jeudi prochain, après deux jours de congé. « Ils n’ont pas à faire de défense, ils n’ont rien à prouver, ils n’ont pas à me l’annoncer », a rappelé la juge au jury, composé de neuf hommes et trois femmes.

Selon la théorie de la poursuite, Ugo Fredette refusait d’accepter sa séparation avec sa conjointe des dernières années. Le thérapeute du couple a raconté cette semaine que Véronique Barbe avait « peur » de son conjoint la veille de sa mort. Quelques jours plus tôt, il l’avait violentée et séquestrée dans leur maison, a-t-il témoigné.

Me Steve Baribeau, Me Alexis Marcotte-Bélanger et Me Karine Dalphond représentent le ministère public, alors que Me Louis-Alexandre Martin défend Ugo Fredette. La juge de la Cour supérieure du Québec Myriam Lachance préside le procès devant jury au palais de justice de Saint-Jérôme.