Le Service de police de Montréal sollicite l’aide du public afin de l’aider à identifier deux individus derrière une agression au domicile encore non-résolue, impliquant une jeune femme de 33 ans, survenue le 17 juillet dernier. La police tient à souligner le caractère « isolé » de l’événement, mais en soutenant néanmoins qu’il s’agit d’un crime « grave ».

Raphael Pirro Raphael Pirro
La Presse

La scène s’est déroulée vers 19 h 30 dans un coin résidentiel du quartier de Tétreauville, dans Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. La jeune femme de trente-trois ans, qui vivait seule, s’est dirigée vers la porte après avoir entendu la sonnette. Derrière la porte se trouvaient deux hommes, qui se sont alors présentés comme des livreurs de pizza.

La femme a ouvert la porte, et, dans l’instant, les individus sont entrés par la force et ont tenté de séquestrer la victime, qui alors s’est vivement débattue. Après une brève altercation, la victime a réussi à se dégager de ses assaillants, est sortie de chez elle et s’est élancée vers le parc Clément-Jetté nord, de l’autre côté de la rue, où se déroulait alors une partie de baseball.

Prise de panique, elle a demandé secours aux personnes présentes dans le parc : ceux-ci ont contacté le 9-1-1 sans tarder. Des témoins de la scène ont rapporté que les individus, une fois l’ignoble opération échouée, ont pris la poudre d’escampette en courant à toute vitesse. Selon les informations transmises à la police, ils se sont enfuis en direction de la rue Dubuisson, en passant près de la piscine municipale Annie-Pelletier, située sur le site du parc.

« Une fois sur les lieux, on a installé une scène de crime, on a tenté de recueillir le plus d’éléments possible sur la scène, on a rencontré des témoins, mais pour le moment, on est toujours à la recherche de ces individus », a indiqué l’agent Jean-Pierre Brabant.

« C’est un crime quand même grave, a tenu à préciser l’agent. C’était des individus déterminés et planifiés. » À preuve, M. Brabant a rapporté que les individus se sont servis de menottes et d’attaches de câbles en plastique – des « Ty-Rap » -afin de ligoter la victime, sans succès. « Heureusement, les conséquences physiques n’étaient pas graves, a-t-il ajouté. La victime a subi un choc nerveux, mais elle n’a pas été grièvement blessée. »

Opération spéciale

Trois enquêteurs de la section des enquêtes criminelles de l’est de Montréal seront sur les lieux aujourd’hui, à bord d’un poste de commandement mobile. Ils tenteront de recueillir de plus amples informations, car les pistes actuelles mènent à un cul-de-sac. L’équipe sera sur place jusqu’à 21 h ce soir, au 510 rue Joffre, tout près des lieux du crime.

« On demande aussi à d’autres personnes qui n’auraient peut-être pas répondu à la porte la première fois de le faire cette fois-ci », a fait savoir l’agent Jean-Pierre Brabant.

Joël Beauchamp, voisin de la maison adjacente, était dans sa cour arrière au moment des faits. « Je n’ai absolument rien entendu, mais le propriétaire est sorti quelques minutes après le début des altercations, ce qui a fait fuir les deux hommes », a-t-il dit.

« Ça crée une drôle d’ambiance dans le quartier, a confié M. Beauchamp. Une agression contre une femme, ça amène son lot d’inquiétudes dans le voisinage. Ma blonde veut faire installer des caméras de sécurité. »

La dame de 33 ans, dont l’identité n’a pas été rendue publique, a fourni quelques descriptions des individus à la police. Dans le premier cas, il s’agirait d’un homme d’environ 25 ans, noir, d’environ 1,80 m, aux cheveux courts et s’exprimant en français. Il s'agit du seul des deux individus dont la victime a pu fournir une description faciale. Le deuxième individu serait blanc, mesurerait autour de 1,80 m et aurait autour de 25 ans.

L’organisme Jeunesse au Soleil promet une récompense de 5000 $ à la personne possédant une information qui pourrait mener à l’arrestation et la condamnation des individus en question.