(Saint-Jérôme) Quelques jours avant le meurtre de Véronique Barbe, Ugo Fredette a pété les plombs. Il a traîné de force sa conjointe dans la maison et, fou de rage, il a brisé à coups de pied le lit où elle s’était réfugiée, selon un témoin. La veille de sa mort, « Véronique est terrorisée, elle a peur, elle a vraiment peur d’Ugo », a rapporté mardi le thérapeute de couple Michel Corneillier.  

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Ugo Fredette subit son procès depuis plus d’une semaine au palais de justice de Saint-Jérôme pour les meurtres au premier degré de Véronique Barbe et d’Yvon Lacasse. Il est accusé d’avoir poignardé à 17 reprises sa conjointe, le 14 septembre 2017, avant de prendre la fuite avec un enfant. Il a ensuite battu à mort Yvon Lacasse, 71 ans, en lui volant son véhicule à une halte routière, selon la théorie de la Couronne.

Au septième jour du procès, Michel Corneillier a offert au jury un éclairage privilégié sur les évènements qui ont mené à la mort de Véronique Barbe. Le thérapeute en relation d’aide a en effet rencontré le couple la veille du drame. C’est lors de cette séance que Véronique Barbe lui a raconté, en présence d’Ugo Fredette, un épisode de violence survenu quelques jours plus tôt.

Ce jour-là, Véronique Barbe exige que son conjoint quitte leur résidence de Saint-Eustache. Mais ce dernier refuse de partir. Le ton monte. La femme de 41 ans veut aller prendre l’air. C’est à ce moment qu’Ugo Fredette « séquestre » sa conjointe en l’empêchant de sortir.  

« Véronique commence à avoir peur, parce qu’il l’empêche de téléphoner. Elle finit, durant la dispute, à sortir dans la cour nue pieds. […] Elle se met à hurler à l’aide, les voisins ne réagissent pas, parce qu’ils sont habitués. Ugo sort dehors, il met une main sur la bouche de Véronique et la rentre de force dans la maison et la garroche par terre et commence à lui crier après quand elle est au sol », raconte M. Corneillier, émotif.

Toujours selon le récit de Véronique Barbe lors de cette séance, la veille de sa mort, Ugo Fredette a ensuite « rôdé » dans la maison en se parlant tout seul pendant des heures. « Il vient dans la chambre, il crie après [Véronique], il repart, il crie après. Vers 1 h, il explose. Il va dans la chambre et défonce le montant du lit à coups de pied dans lequel Véronique est couchée. Elle est terrorisée », relate le témoin.

Ugo Fredette n’a pas nié cet épisode de violence lors de cette séance, selon Michel Corneillier. Mais il refuse toujours de quitter la maison. Michel Corneillier – qui n’a aucune formation en psychologie – estime maintenant devoir porter assistance à une « personne en danger ». « Elle a peur et elle veut absolument qu’il parte », résume-t-il.

Le thérapeute suggère au couple de repartir à la maison ensemble pour qu’Ugo puisse aller chercher ses affaires. Il lui demande toutefois de s’engager à ne plus y retourner et demande à Véronique Barbe d’appeler la police si jamais son conjoint tente de retourner à la maison.  

C’est le lendemain, dans la cuisine de leur maison, que Véronique Barbe est retrouvée morte, poignardée une douzaine de fois à la poitrine avec deux couteaux différents. Selon un enfant qui a témoigné au procès, Ugo Fredette était présent dans la maison, lorsque Véronique Barbe semblait sur le point de mourir. Une voisine a également vu Ugo Fredette tirer le corps inerte de sa conjointe à l’intérieur de la maison.

Le procès se poursuit mardi après-midi au palais de justice de Saint-Jérôme.