(Ottawa) La police militaire a porté des accusations d’agression sexuelle contre deux militaires des Forces armées canadiennes, dont un lieutenant-colonel travaillant comme réserviste au sein du groupe de recrutement des Forces armées canadiennes en Ontario.

Lee Berthiaume
La Presse canadienne

Le lieutenant-colonel Daniel Mainguy fait face à une accusation d’agression sexuelle et à une autre de conduite préjudiciable au bon ordre et à la discipline relativement à deux présumés incidents distincts ayant impliqué des collègues militaires à la base des Forces armées canadiennes de Borden, selon la police militaire.

Œuvrant depuis 35 ans dans les rangs militaires, M. Mainguy travaillait comme agent de marketing et de publicité dans le groupe de recrutement, mais a été affecté temporairement à un autre poste, a indiqué le ministère de la Défense nationale.

La police militaire a également accusé l’adjudant-maître John MacPherson de deux chefs d’agression sexuelle pour deux incidents présumés au cours d’une formation militaire organisée à la base de Gagetown, au Nouveau-Brunswick, en 1988.

Une enquête a été ouverte après que la victime présumée des deux incidents eut porté plainte en avril 2016, explique la police militaire, mais l’enquête avait été suspendue en raison de l’absence de preuves.

Les enquêteurs militaires ont rouvert le dossier deux ans plus tard, toutefois, à la demande de la victime présumée. De nouvelles informations ont par la suite été découvertes et des accusations ont été portées contre M. MacPherson, membre des forces régulières du Centre de doctrine et d’instruction de l’Armée canadienne à Kingston, en Ontario.

« Le Service national des enquêtes des Forces canadiennes cherche à enquêter et, le cas échéant, à porter des accusations sur la base de preuves factuelles, quel que soit le moment où l’infraction aurait été commise », a déclaré le lieutenant-colonel Kevin Cadman, commandant de l’unité d’enquête de l’armée.

Les deux affaires suivent leur cours dans le système de justice militaire.

Les Forces armées ont passé les quatre dernières années à chercher des solutions pour éliminer les agressions sexuelles et autres comportements inappropriés en mettant en place de nouveaux services de soutien pour les victimes, en sensibilisant les membres des services et en promettant de graves conséquences pour les auteurs.

Ces mouvements font suite à une série de rapports dévastateurs, il y a plusieurs années, qui ont révélé une culture hautement sexualisée dans laquelle les mauvaises conduites étaient ignorées ou dissimulées.