(Granby) Le père de la fillette de 7 ans de Granby morte le 30 avril dernier après avoir été découverte au domicile familial dans des circonstances troublantes n’a pas réussi, mardi, à obtenir sa remise en liberté, du moins pour l’instant.

La Presse canadienne

L’homme de 30 ans, qui est accusé de négligence criminelle causant la mort, de séquestration, d’abandon d’enfant et d’avoir omis de fournir les choses essentielles à la vie de l’enfant, avait échoué dans une première tentative d’obtenir un cautionnement en Cour du Québec, en juin dernier.

Le tribunal avait alors jugé qu’il ne répondait pas aux critères requis pour obtenir une remise en liberté provisoire, critères qui comprennent notamment d’assurer la sécurité du public, de s’assurer de la présence de l’accusé en Cour et de ne pas miner la confiance du public dans le système judiciaire.

Le père s’est donc tourné vers la Cour supérieure avec une demande de révision de la décision de première instance, son avocat plaidant que de nouveaux éléments de preuve se sont ajoutés au dossier. Son avocat, Me Martin Latour, soutient également que le juge Serge Champoux a commis des erreurs de droit.

Les parties ont toutefois dû se résigner à une remise, puisque certains documents n’étaient pas disponibles pour l’audience. Celle-ci a été reportée au 5 septembre.

« La présomption d’innocence, c’est un droit fondamental et, lorsqu’on est accusé d’un crime, on est présumé innocent jusqu’à preuve du contraire et le droit à la liberté, c’est une valeur fondamentale dans notre société et c’est une de mes valeurs fondamentales à moi », a fait valoir Me Latour à la sortie de la salle du palais de justice de Granby.

Cette vision n’est évidemment pas partagée par le procureur de la Couronne, Me Claude Robitaille.

« Le jugement rendu par le juge Champoux est un jugement qui est adéquat, qui n’a pas d’erreurs de droit et les faits sur lesquels il s’est basé pour maintenir la détention de monsieur sont justes », a-t-il déclaré, ajoutant que la demande de révision sera contestée par le ministère public.

La belle-mère, qui est accusée du meurtre au deuxième degré de l’enfant, de séquestration et de voies de fait graves, avait aussi rendez-vous avec la justice, mardi, mais surtout pour des questions d’intendance.

Son avocate, qui est en congé de maternité, a été remplacée par un nouvel avocat. Elle reviendra devant le tribunal le 28 octobre afin de déterminer s’il y aura ou non tenue d’une enquête préliminaire dans son dossier.

La petite fille est morte à l’hôpital au lendemain du jour où elle a été retrouvée mal en point dans la résidence familiale de Granby. Son décès a provoqué une onde de choc à travers le Québec, entraînant la création d’une commission spéciale chargée de se pencher sur l’ensemble du système de protection de la jeunesse au Québec.

Une ordonnance de non-publication empêche de dévoiler les identités des accusés et de la victime et, pour l’instant, les faits qui sont discutés en Cour.