L’ex-député libéral Yves St-Denis a été reconnu coupable jeudi d’avoir agressé sexuellement une conseillère municipale des Laurentides en 2017 au terme d’une soirée bien arrosée. Il a été condamné à une absolution conditionnelle et à des travaux communautaires au palais de justice de Saint-Jérôme.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Alors qu’il était député provincial d’Argenteuil, Yves St-Denis a embrassé dans son sommeil la conseillère municipale Marjorie Bourbeau, dans le lit de cette dernière, le 26 mai 2017, à Saint-Adolphe-d’Howard.  

L’homme de 55 ans et la victime avaient consommé de l’alcool avec d’autres invités ce jour-là dans le cadre d’un 5 à 7 à caractère politique. La fête s’était ensuite poursuivie chez une convive jusqu’aux petites heures du matin. Selon la version retenue par la juge, Yves St-Denis a insisté pour dormir chez la victime, même si l’hôtesse leur offrait le gîte.  

« [La victime] a cédé devant l’insistance de l’accusé pour lequel elle n’avait aucune attirance, refusé sa proposition de dormir ensemble simplement et répété qu’elle n’avait qu’un divan à lui offrir », résume la juge dans sa décision.

Même si son refus de dormir ensemble était clair, Yves St-Denis s’est rendu dans la chambre et a embrassé la victime dans son sommeil. Celle-ci s’est aussitôt réveillée en le repoussant.

La juge Michèle Toupin n’a pas considéré comme étant crédible la version de l’accusé. L’ex-député plaidait s’être assis sur le lit et avoir fait « la bise sur les deux joues » à la victime avant de quitter.  

Même s’il a été reconnu coupable d’agression sexuelle, Yves St-Denis n’aura pas à traîner un casier judiciaire s’il respecte sa période de probation d’un an. À la suite d’une suggestion commune des avocats, Me Claudia Carbonneau de la poursuite et Me Stephen Angers de la défense, il a été condamné à une absolution conditionnelle, assortie de 50 heures de travaux communautaires. Il est de plus inscrit au registre des délinquants sexuels pour les 20 prochaines années et ne peut plus posséder d’armes à feu pendant 10 ans.

Yves St-Denis n’a pas commenté en sortant de la salle d’audience.

L’ancien député d’Argenteuil avait été expulsé du caucus du Parti libéral du Québec en 2018 dans la foulée d’une affaire d’inconduite sexuelle. Une employée politique alléguait avoir reçu du député une photo explicite d’un acte sexuel. Yves St-Denis a ensuite été battu aux dernières élections en se présentant comme candidat indépendant.