Échanger des scénarios sexuels impliquant des enfants dans une conversation privée constitue de la production de pornographie juvénile, a appris à ses dépens une Montréalaise de 24 ans qui échangeait de scabreux scénarios sexuels avec un pédophile. La jeune femme lui a également transmis une photo très explicite d’agression sexuelle sur un bébé.

Louis-Samuel Perron Louis-Samuel Perron
La Presse

Amélie Noël a plaidé coupable le mois dernier au palais de justice de Montréal à des accusations de production, possession et distribution de pornographie juvénile entre 2015 et 2018. Elle a aussi reconnu avoir touché une partie du corps d’un enfant à des fins sexuelles l’an dernier. Une ordonnance de non-publication protège l’identité de la victime.

La résidante du quartier LaSalle a été dénoncée par son ex-conjoint, Richard Dorion, condamné en janvier à 30 mois de pénitencier au Nouveau-Brunswick pour possession et distribution de pornographie juvénile. Les deux pédophiles échangeaient sur l’application Skype de sordides scénarios sexuels impliquant plusieurs enfants, selon le résumé conjoint des faits présenté en cour. Ces scénarios, même fictifs, représentent de la pornographie juvénile.

Des photos

Les policiers ont également découvert dans le téléphone cellulaire d’Amélie Noël neuf photos de pornographie juvénile montrant au moins deux enfants. Sur l’une de ces photos, on peut voir l’accusée aux côtés d’un bébé dans une scène explicitement sexuelle. De là découle le chef de contacts sexuels avec un enfant.

Interrogée par les enquêteurs, Amélie Noël a avoué avoir pris la photo alors qu’elle était seule avec l’enfant. « Elle savait que c’était dans un but sexuel pour l’envoyer à M. Dorion », a indiqué le procureur de la Couronne. La jeune femme sans antécédent criminel se disait toutefois « contrôlée » par le pédophile.

Selon le quotidien néo-brunswickois Acadie Nouvelle, Richard Dorion détenait 1600 images et 500 vidéos de pornographie juvénile. Ses échanges explicites avec Amélie Noël décrivaient des « gestes sexuels violents » sur des enfants. Mais ces discussions n’étaient que des « fantasmes », s’est défendu Richard Dorion, qui consommait particulièrement des scènes de très jeunes filles avec des adultes, selon le quotidien.

Le juge a ordonné la confection d’un rapport présentenciel et d’une évaluation psychosexuelle dans le cadre de l’étape des observations sur la peine à imposer. La cause reviendra le 9 septembre prochain.