L’appel anonyme d’un individu auprès de la police a permis de libérer une femme séquestrée, battue et forcée de se prostituer dans un immeuble à logements du Vieux-Longueuil. La dame âgée dans la quarantaine était contrainte de se prostituer sous la menace d’une arme à feu. Lors de l’opération menant à sa libération, les enquêteurs du Service de police de l’agglomération de Longueuil (SPAL) ont mis au jour un réseau d’exploitation sexuelle également actif dans le trafic de drogue, avec possession d’arme à feu.

Sara Champagne Sara Champagne
La Presse

L’agent Ghislain Vallières, porte-parole du SPAL, a expliqué à La Presse que la femme libérée souffrait d’un sévère trouble de stress post-traumatique au moment de sa découverte. « C’est une femme meurtrie. Elle était battue. Elle a été transportée directement vers un service de santé au moment de sa libération. En moyenne, on la forçait à recevoir sept clients par jour sous la contrainte, souvent avec une arme braquée sur elle. »

Selon le SPAL, d’autres femmes ont possiblement été exploitées sexuellement par le réseau composé de huit personnes, soit six hommes et deux femmes. « Les suspects arrêtés dans ce projet d’enquête sont connus pour faire usage de violence lorsqu’ils commettent leur crime. D’ailleurs lors des arrestations, l’un des suspects était armé », précise le service de police.

Extirpée des griffes de ses agresseurs, la femme demeure en contact étroit avec les enquêteurs et elle est accompagnée lors de ses déplacements. Au Service de police, on précise que la victime n’est pas liée à l’enquête, mais qu’elle a subi un « important traumatisme » et que sa sécurité est assurée pour répondre à ses besoins de protection.

PHOTO FOURNIE PAR LA POLICE DE LONGUEUIL

Sept des huit suspects ont été arrêtés. Cynthia Lefebvre (en bas, à droite) est toujours recherchée.

Dans les derniers mois, le SPAL a créé une équipe spéciale pour intervenir dans ce genre de dossier. Elle est composée d’enquêteurs, d’une policière préventionniste, mais également d’une intervenante psychosociale. Le porte-parole Vallières précise qu’il est important de sortir du « cliché de la fugueuse » (en référence au titre d’une série télévisée québécoise populaire).

« Les victimes ne sont pas toujours de jeunes filles. Dans ce cas-ci, les ravisseurs ont exploité une faiblesse dans la vie de la femme, de la vulnérabilité. On parle de violence gratuite. »

À l’exception d’un accusé, les individus arrêtés possèdent tous des antécédents criminels. Deux ont été libérés sous plusieurs conditions. Une femme, Cynthia Lefebvre, est toujours recherchée. Cinq autres accusés demeurent détenus jusqu’à l’enquête préliminaire. Ils n’ont pas contesté leur remise en liberté.

Les chefs d’accusation pour l’instant

• Possession non autorisée d’une arme à feu

• Usage négligent d’une arme à feu

• Braquer une arme à feu

• Proférer des menaces

• Trafic de stupéfiants

• Possession de stupéfiants dans le but d’en faire le trafic

• Avantage matériel provenant de la prestation de services sexuels

• Séquestration

• Infliction de lésions corporelles

• Proxénétisme

• Traite de personne